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une Yaris Cross de luxe ?

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Le LBX, plus petit modèle Lexus jamais produit, a pour mission de faire décoller les ventes de la marque, toujours un peu timide chez les premium. Elargir la gamme vers le bas est souvent un calcul efficace… Mais avec des tarifs aussi musclés, il s’agira de se montrer convaincant. Notre essai.

En principe, le Lexus LBX aura les coudées franches pour débuter sa carrière. Les petits SUV urbains on beau être en surnombre chez les généralistes, au point d’atteindre la saturation, c’est beaucoup moins vrai du côté des constructeurs premium. L’habituel trio allemand en est absent, et on ne trouve guère que les DS3 Crossback et Audi Q2 (lancé en 2016, en fin de carrière) pour se poser en rivaux du nouveau venu japonais. Le Mini Countryman, devenu plus imposant au fil des ans, opère désormais dans la catégorie supérieure. Pour l’instant, le LBX est donc quasiment seul au monde.

 

Le petit SUV Lexus, bien plus compact que les UX (qui s’apparente davantage à une compacte haut perchée) et NX, n’est pas totalement nouveau techniquement parlant. Cela ne se voit pas, mais le LBX emprunte ses dessous à la plus populaire Toyota Yaris Cross (la plate-forme GA-B, en interne). Précisons que malgré sa conception pensée avant tout pour l’Europe et sa proximité avec sa « presque française » cousine, le LBX est fabriqué au Japon.

Mis à part la longueur similaire (4,19 m), les deux autos ne présentent visuellement rien de commun. Au passage, le LBX en profite pour trancher avec le style Lexus habituel : le coup de crayon est devenu plus fluide, plus lisse en comparaison des contours tourmentés, tout en angles, qui étaient devenus la signature Lexus de ces dernières années. La silhouette évoque sous certains angles un Mazda CX-3, ou un Smart #1. Plutôt équilibré, et bien plus conventionnel qu’auparavant.

 


ESSAI – Lexus LBX (2024) : une Yaris Cross de luxe ?

Le LBX tranche avec le style Lexus de ces dernières années : le look est devenu plus sobre. La silhouette est plutôt élancée, et le gabarit ultra-compact. A 4,19 m de long, le LBX est la plus petite Lexus jamais produite.

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre Lexus LBX, l’alternative à la côte Argus.

A bord : une vraie Lexus, pour deux de préférence

Dans l’habitacle, guère plus d’indice de la filiation avec la Yaris Cross. Hormis l’espace, franchement limité à l’arrière. Pas de miracle, avec un empattement relativement court (2,58 m, 2 cm de plus que la Toyota). Pour deux enfants ou jeunes ados, passe encore. Même constat côté bagages : avec 332 l, le coffre offre un volume juste correct, en retrait du DS3 Crossback. Pas dramatique pour un si petit gabarit, là encore. Hélas, la capacité chute à 240 l en version 4 roue motrices, pénalisée par le second moteur électrique sur l’essieu arrière. Les rangements sont du même acabit, assez nombreux mais étriqués : la boite à gants est symbolique, et le rangement au pied du tunnel central est occupé par la recharge de téléphone à induction.

Les meilleures places sont donc à l’avant, où l’on constate un réel effort de présentation. Quasiment aucune trace des plastiques durs de la Yaris Cross (sauf dans certains recoins en partie basse), Lexus a rhabillé le cockpit de simili-cuir étendu, d’inserts façon alu, de commandes électriques pour l’ouverture des portes, et d’un équipement techno à la page.

 


ESSAI – Lexus LBX (2024) : une Yaris Cross de luxe ?

Joliment réalisé, l’habitacle ne présente rien de commun avec la Yaris Cross dont il emprunte la plate-forme. Matériaux et finition fleurent le haut de gamme, et l’équipement, moderne, est assez complet. Heureusement, vu les prix pratiqués.

Au centre de la console centrale se trouve un grand écran de 9,8 pouces (de série dès l’entrée de gamme), à l’ergonomie assez bien pensée et bonne nouvelle… la ventilation conserve de vrais boutons. Rien de spécialement avant-gardiste, mais l’ambiance est cossue et la fabrication sérieuse. L’affichage de l’instrumentation, sans fantaisie, est lisible mais manque toutefois de cachet. Par ailleurs, l’affichage des différentes données de trajet, consommation, de radio ou d’aides à la conduite n’est pas des plus intuitifs. On s’y fait, à l’usage.

Au volant : du Toyota, en plus bourgeois

Le LBX va un peu plus loin qu’une Yaris Cross dotée d’un emballage plus aguicheur. Lexus a pris soin de revoir l’isolation, avec des ajouts d’insonorisants au niveau des soubassements et du toit. Par ailleurs, le châssis n’est pas un simple copié-collé de la Toyota : les voies sont plus larges de 6 cm, la rigidité de la structure a été améliorée et les liaisons au sol sont retravaillées, avec une orientation en principe plus sportive.

 


ESSAI – Lexus LBX (2024) : une Yaris Cross de luxe ?

En ville ou trajet péri-urbain, terrain de prédilection du 3 cylindres hybride, la consommation peut rester très basse : moins de 5 l/100 km, sans effort particulier. Ensuite, sans être exagérément glouton, son appétit grimpe vite sur voie rapide.

Aux premiers tours de roues, on relève bien un maintien de caisse relativement ferme, sans excès. Le toucher de route est agréablement filtré, et plutôt précis même si le feeling de direction reste gommé. On appréciera donc le compromis confort / dynamisme intéressant, dans la veine des productions Toyota / Lexus actuelles, et l’ambiance générale bien plus feutrée qu’à bord de la Yaris Cross : la métamorphose premium a donc été habilement menée. Bon point également, son poids plutôt modéré (1.280 kg à vide en version de base).

De là à parler de sport, c’est une autre affaire. Le LBX s’en tire convenablement, certes, face au chrono (9,2 s de 0 à 100 km/). Mais le 3 cylindres 1,5 l hybride, bien connu (unique motorisation proposée), ne déclenche pas de grands élans d’enthousiasme. Admettons, les 136 ch ne manquent pas de punch en relances… qui se solderont, comme prévu avec cette transmission CVT (spécialité maison), par l’habituel grondement et la désagréable impression d’emballement à chaque forte sollicitation. Il y a eu du mieux, cela dit, et Lexus a soigné ce moteur pour offrir un tempérament un peu plus en phase avec son positionnement chic. Le « trois pattes » a notamment gagné un arbre d’équilibrage, et offre effectivement un fonctionnement moins rugueux que dans la plus modeste Toyota. Autre point d’évolution : le gain de puissance par rapport à la Yaris (+6 ch) est obtenu grâce au moteur électrique un peu plus costaud (toujours alimenté par une batterie de 1 kWh située sous la banquette arrière).

 


ESSAI – Lexus LBX (2024) : une Yaris Cross de luxe ?

Le 3 cylindres hybride du LBX développe 136 ch soit 6 ch de plus que dans la Yaris. Ce gain est dû au moteur électrique un peu plus puissant, dont le couple est bienvenu (185 Nm). Les performances sont tout à fait correctes.

Avec le pied léger, ce moteur est donc globalement plaisant (même si dans l’ensemble, le confort et les qualités dynamiques du LBX mériteraient une mécanique un peu plus étoffée). On peut alors pleinement tirer parti de l’hybridation, efficace : sans effort d’éco-conduite, son appétit se maintien sans peine autour des 5 l/100 km en parcours mixte. Voire un peu moins en ville… mais un bon litre supplémentaire sur voie rapide, sans surprise. L’autoroute n’est toujours pas le terrain préféré de ce type de motorisation, comme prévu.

Tarifs Lexus LBX : onéreux mais bien équipé

Premium, l’habituel mot magique pour justifier une addition salée : le LBX débute à 34.300 € en finition de base. Ce montant élevé est compensé, en partie, par sa dotation assez complète. En plus des aides désormais incontournables (maintien de voie, régulateur de vitesse…), on dispose d’emblée de la caméra de recul et de l’interface média Carplay / Android.

 


ESSAI – Lexus LBX (2024) : une Yaris Cross de luxe ?

Le LBX n’est pas un as du transport : le coffre est modeste (332 l) et le seuil est un peu haut. De toute manière, l’habitabilité arrière réduite n’incite pas aux longs voyages en famille.

La facture grimpe ensuite très vite : le second niveau d’équipement (Elegant, 37.800 €) ajoute les radars de stationnement av/ar, les sièges chauffants et l’alerte d’angles morts, principalement. Quant à notre version d’essai Emotion, le cœur de gamme, il faudra débourser 40.300 €. La panoplie est un peu plus riche (instrumentation numérique, chargeur téléphone à induction…), mais peine à justifier ses tarifs globalement ambitieux. Le sommet de gamme Original Edition atteint même 45.000 € ! Et encore 2.000 € de rallonge pour les 4 roues motrices…

En face, un DS3 Crossback démarre à 33.000 € avec le Puretech 130 comparable en performances (mais sans hybridation pour l’instant), et demande 39.450 € en finition supérieure Opera. Dans un autre registre, en 100 % électrique cette fois, on pourrait aussi lui opposer les Jeep Avenger (4,08 m) à 39.000 €, ou Smart #1 (4,27 m), affiché 36.315 € (avant bonus dans les deux cas).    

 

Titre fiche technique

FIche technique Lexus LBX (2024)

Fiche technique

Modèle essayé : Lexus LBX 4×2 Emotion
Dimensions L x l x h 4,190 x 1,825 x 1,560 m
Volume mini / maxi du coffre 332 / 992 l
Empattement 2,580 m
Poids à vide 1.280 kg
Motorisation 3 cylindres hybride, 1.490 cm3 + moteur électrique synchrone, aimant permanent (69 kW)
Puissance / couple maximal 136 ch / 120 Nm à 3.600 trs/mn (thermique) + 185 Nm (électrique)
0 à 100 km/h – Vitesse maximale 9,2 s – 170 km/h
Consommation mixte annoncée – relevée 4,3 l/100 km – 5 l/100 km
Tarifs à partir de 34.300 € (modèle essayé : 40.300 €)



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