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une solution pratique et économique sollicitée par les travailleurs

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Informel ou organisé via une application, le trajet en covoiturage pour se rendre du domicile au travail entre de plus en plus dans les habitudes des passagers et conducteurs. Une pratique renforcée depuis janvier avec la mise en place d’une prime de 100 euros qui a convaincu 130 000 nouveaux adeptes.

Vous y avez peut-être recouru cet été pour vous rendre à la plage et en faites autant pour le retour au travail. Le covoiturage n’est pas une pratique nouvelle. Pourtant, ce mode de déplacement a le vent en poupe grâce à ses nombreux avantages : geste écologique, économies à la clé et coup de pouce du gouvernement. Des raisons qui expliquent que, chaque jour, des milliers de Français choisissent le covoiturage et réduisent ainsi « l’autosolisme ».

Quelques euros pour se déplacer …

C’est le cas de Coline, qui habite à 30 kilomètres de son lieu de travail. Au volant de sa Clio, matin et soir depuis mars, elle est accompagnée de Marina. Elles se donnent rendez-vous à deux pas de chez elles et n’ont jamais été aussi gagnantes pour se déplacer.

« Mon motif principal, c’est que je n’ai pas de voiture personnelle », explique Marina. « Mon trajet me coûte 1,80€ par aller », soit 18 euros seulement à débourser sur cinq jours d’activité, ce qui est plus avantageux que le train. De son côté, Coline en est à « 150 trajets depuis janvier. Ça fait à peu près 450€ d’économie. »

… et un bonus de 100€ pour les nouveaux conducteurs

Des gains qui s’ajoutent à une prime de 100 euros qu’elle a pu percevoir comme 130 000 nouveaux conducteurs, inscrits depuis janvier sur une plateforme de covoiturage (BlaBlaCar Daily, Karos, Klaxit…). Tout cela grâce au gouvernement qui a décidé d’encourager la pratique.

Dans le détail, ce bonus est accessible pour les trajets de moins de 80 kilomètres, et réservé uniquement aux conducteurs. D’abord, 25 euros sont versés directement sur le compte bancaire après le premier trajet réalisé, puis 75 euros après les neuf suivants, à condition qu’ils aient été réalisés en moins de trois mois.

« Sur les six premiers mois de l’année, on a 200 000 automobilistes qui n’avaient jamais covoituré et qui ont partagé pour la première fois leur trajet en covoiturage, sur l’application BlaBlaCar Daily» indique Nicolas Michaux, porte-parole de la plateforme. « C’est vraiment une incitation efficace. »


Récompenser les efforts dans le temps …

Avis partagé également par l’Observatoire national du covoiturage quotidien. Cet organe assure un suivi en récoltant les données des différentes plateformes qui se partagent le marché. Une forte progression des trajets partagés a été observée au premier semestre, cinq millions au total, soit le double sur la même période en 2022. Un record a même été établi à un million en mars dernier, lorsque les prix des carburants ont grimpé.

« Le gouvernement a mis ça en place pour faire un effet d’amorçage,» assure Héloïse Georgeault, cheffe de projet au ministère des Transports. « On considère que ce sont des gens qui vont faire du covoiturage sur des dizaines d’années ensuite, et donc derrière, il y a aussi un calcul qui a été fait sur les économies carbone » permises par l’accroissement de cette pratique.

Pour certains covoitureurs, les économies sont même sans commune mesure avec zéro euro à débourser grâce aux subventions mises en place par les collectivités locales. C’est le cas à Lyon, Rouen, Strasbourg, ainsi qu’en Île-de-France pour les détenteurs du Pass’Navigo. L’ensemble des dispositifs est recensé sur cette carte.

… tout en développant le contrôle du covoiturage

Tandis que le covoiturage se développe, l’État n’oublie néanmoins pas d’encadrer la pratique. Alors que des aires de covoiturage sortent de terre sans connaître leur utilité réelle, une nouvelle règle a fait son apparition cet été sur la route. Elle prend la forme d’un losange blanc, sur fond bleu, que vous pourriez distinguer sur le bas-côté ou sur l’affichage numérique situé au-dessus des autoroutes.

Ce panneau est entré il y a quelques années dans le Code de la route. Mais c’est bien en cette rentrée qu’il apparaît davantage, pour indiquer qu’une voie est réservée aux covoitureurs (ainsi qu’aux taxis et aux véhicules électriques). Il faut donc être au minimum deux dans l’habitacle pour être en règle, mais il n’existe pour l’heure qu’une petite dizaine de portions concernées en France (A1 à Lille, M5 à Strasbourg, rocade de Rennes), quasiment toutes en phase de test.

Mais, d’après nos confrères du Point, des contraventions ont déjà été envoyées aux automobilistes en infractions. Des petits génies pourraient aussi tenter d’installer un mannequin côté passager pour tromper les premiers radars, qui identifient les individus grâce à des capteurs thermiques… Ceux qui seraient en infraction s’exposent à une amende pouvant aller de 90 à 135 euros.


Focus sur : le forfait mobilité durable

Le covoiturage, c’est donc réduire son impact écologique, faire attention à son budget, et cela, les entreprises l’ont aussi saisi. Pour aider les salariés, elles peuvent profiter d’un nouveau dispositif proposé par l’État : le forfait mobilité durable (FMD). Ce coup de pouce « peut aller jusqu’à 800 euros par an et par salarié » dans le privé, « 300 euros » dans le public et peut s’appliquer sur un remboursement de transports en commun, l’utilisation d’un vélo (personnel ou en location) ou, bien sûr, le recours au covoiturage.

Ces critères sont définis par chaque employeur et, en principe, l’ensemble des salariés (même les stagiaires, les apprentis) peuvent en bénéficier. Chez Ingérop, entreprise d’ingénierie qui enregistre une centaine de trajets partagés chaque semaine, l’aide concerne 150 employés. « Le trajet, c’est deux euros pour les 20 premiers kilomètres et après c’est dix centimes du kilomètre, » détaille Blandine Lécuyer, animatrice mobilité durable. « Donc le but c’est d’aider les collaborateurs à réduire leur impact personnel. »

Depuis janvier 2023, la progression du covoiturage a d’ailleurs permis d’éviter le rejet de plus de 25 000 tonnes de CO2 en France. Mais les efforts peuvent encore aller plus loin, tout en changeant les pratiques des automobilistes qui le peuvent, et en douceur. Certains en seront sans doute contraints à partir de ce lundi 4 septembre, sur l’autoroute A1, aux abords de Lille. Quand le trafic sera trop dense, la voie de gauche sera réservée uniquement aux covoitureurs. Ceux en règle pourraient (enfin) arriver à l’heure au travail…



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