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trois raisons pour lesquelles la Giulia doit survivre

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L’Alfa Romeo Giulia serait-elle née dix ans trop tard, ou est-elle au contraire en avance sur son temps, si l’on anticipe un retour à certains principes de base de l’automobile ? Puisqu’il faut aujourd’hui faire vœu de simplicité, parait-il, autant rester fidèle à la tradition. Voire la faire durer, avec un restylage aussi léger que symbolique. On dit parfois qu’il faut éviter de marcher dans la mode, ça porte malheur.

Voici l’exemple type de la voiture de journaliste auto : tout le monde l’applaudit, mais personne ne l’achète. La Giulia fait partie de ces autos dont le succès d’estime et l’image sont inversement proportionnels aux chiffres de ventes. Fatalement, quand le public se rue en masse sur des gabarits haut perchés… Et sur ce créneau en berne des berlines classiques, seules les Mercedes Classe C ou BMW Série 3 tiennent le coup (l’Audi A4 est en fin de carrière). Difficile de lutter quand on n’est pas allemand, surtout si l’on ne dispose pas de la moindre électrification. Alfa Romeo semble même ne plus y croire, préférant recentrer ses efforts sur les Stelvio et surtout Tonale. Quoique, en faisant durer un modèle lancé en 2016, le constructeur milanais n’a peut-être pas tout à fait renoncé.

 

La Giulia devrait donc tenir encore quelques années, histoire de ne pas achever tout de suite une lignée apparue voilà près de 60 ans. Et puis, tout adolescent des années 90 ne peut s’y résoudre : la 156 doit avoir une descendance.

L’air du temps n’est pas forcément dans le vrai

Chez ces berlines classiques, devenues rares, seules les plus chic survivent. Et encore, monter en gamme ne garantit pas toujours le succès : la Peugeot 508 a essayé, et malgré de vraies qualités, les clients lui préfèrent… le 3008. Il n’y a guère que le trio habituel pour se maintenir tant bien que mal face au tout-SUV qui a modelé le décor depuis quelques années. La Giulia est donc une résistante, et fait presque figure de curiosité roulante. Elle est à ce titre un antidote contre l’uniformisation de ce qui roule sur nos routes.

 


ESSAI – Alfa Romeo Giulia (2023) : trois raisons pour lesquelles la Giulia doit survivre

En bonne propulsion, la Giulia fait preuve d’un tempérament agile et raisonnablement sportif. Le compromis confort / dynamisme reste remarquable. Quand on pense qu’elle a déjà huit ans… Le progrès est-il une avancée positive ? Bon sujet de philo, ça.

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre Alfa Romeo Giulia, l’alternative à la côte Argus.

La Giulia est une auto rare, et le malus 2024 ne va rien arranger pour les deux versions essence encore au catalogue (le 4 cylindres 280 ch de notre essai et le V6 de la Quadrifoglio). Les Diesel sont bien moins touchés, et permettent d’envisager plus raisonnablement de profiter de cette italienne fort bien dessinée. La Giulia, c’est surtout un coup de crayon tout de même spectaculaire. Les évolutions du restylage sont d’ailleurs très limitées : l’intérieur des optiques (à Leds) et… un écran digital à la place des compteurs. C’est tout. Quand on pense à la manière dont les 156 puis 159 ont encaissé les années, la Giulia devrait traverser assez sereinement les effets de mode. Les paris sont lancés : dans 20 ans, elle fera certainement toujours le même effet. Probablement un collector en devenir.

Il se passe quelque chose au volant, peu importe le moteur

Bien sûr, la Giulia n’est pas aussi spacieuse qu’un SUV de gabarit comparable. Les places arrière sont juste correctes, l’ambiance est un rien engoncée, le coffre (480 l) un peu alambiqué. Est-ce bien le sujet ? D’abord, voyager à quatre n’a rien d’un calvaire. La banquette est bien dessinée, et le confort réservé par l’excellent châssis est assez bluffant. Les réactions sont progressives, et le maintien de caisse rigoureux ménage des réactions très saines, sans excès de fermeté. Ce qui nous amène à la meilleure place : au volant. Notons que notre finition Veloce, sommet de gamme (hors Quadrifoglio), met déjà en condition avec des sièges sport au parfait maintien latéral et de larges palettes en aluminium massif (et fixes, pour une fois !).

 


ESSAI – Alfa Romeo Giulia (2023) : trois raisons pour lesquelles la Giulia doit survivre

La planche de bord commence à dater, et on repassera pour les gadgets numériques. Mais quelle importance ? Les grandes palettes, le maintien des sièges, le volant à jante épaisse rappellent que l’on est ici pour conduire, pas jouer avec son smartphone.

Il serait évidemment dommage de se contenter d’un Diesel pour tirer de la Giulia ce qu’elle a à offrir : un tempérament de vraie propulsion agile (même avec la transmission intégrale Q4, non permanente), dotée d’un train avant ultra-mordant, servie par des commandes précises. Cela dit, même avec les moteurs les plus modestes alimentés au mazout, la Giulia reste une Alfa généreuse et vivante. Dommage, le bloc essence 2 litres Turbo de notre Veloce, malgré sa fiche technique alléchante et ses chronos musclés (5,2 s de 0 à 100 km/h), n’est pas non plus un champion des vocalises. La sonorité banale à bas et moyen régimes, son tempérament linéaire, sont loin des caractériels Twin Spark ! Il s’en tire bien dans les tours… mais s’arrête tôt (5.500 trs/mn à peine). Pas besoin de le maltraiter (le couple maximal de 400 Nm arrive à 2.500 trs/mn) et quitte à se contenter d’un 4 cylindres souple et docile, on regrette qu’Alfa ait retiré le « petit » 2 l de 200 ch du catalogue. C’était le bon compromis.

La tradition est souvent plus rationnelle

On peut faire des autos traditionnelles avec des techniques modernes. L’inverse aussi, les deux peuvent s’appliquer à la Giulia. Ici, l’électricité sert globalement à faire fonctionner les phares et les essuie-glaces. La chasse aux grammes, chez Alfa, signifie autre chose que ce que l’on entend habituellement : un arbre de transmission en carbone, des éléments de liaisons au sol en aluminium et une technologie embarquée relativement simple.

 


ESSAI – Alfa Romeo Giulia (2023) : trois raisons pour lesquelles la Giulia doit survivre

En Veloce 280 ch, la Giulia demande 62.450 €. Admettons, mais le malus devient honteusement confiscatoire (plus de 20.000 €, à moins d’avoir 3 enfants…). On peut se rabattre sur des finitions moins hautes ou sur le Diesel, presque épargné.

En 2015, date de sa présentation, on en était encore aux débuts de la course à l’armement digital, au sur-équipement et à l’hybridation. La Giulia est donc une auto assez légère (1.620 kg pour la Veloce 280 ch de notre essai, 1.570 kg en entrée de gamme Diesel 160 ch). Pas besoin de gros freins ni de pneumatiques surdimensionnés, ou de complexe suspension pilotée. Principe élémentaire : si une auto est bien conçue et correctement équilibrée, pas besoin d’artifices. Ici, l’ESP est d’ailleurs peu sollicité.

La conception de la Giulia a d’abord été pensée en fonction sa version de pointe Quadrifoglio et son V6 biturbo (passé à 520 ch avec le restylage). Les versions plus sages profitent donc également d’un développement très pointu pour une berline familiale. Même les Diesel ! Comme si BMW montait sur une 318d les trains roulants et des éléments de transmission d’une M3, en forçant à peine le trait.       

 

Titre fiche technique

FIche technique Alfa Romeo Giulia (2023)

Fiche technique

Modèle essayé : Alfa Romeo Giulia Veloce 280
Dimensions L x l x h 4,64 x 1,86 x 1,45 m
Volume mini du coffre 480 l
Empattement 2,82 m
Poids à vide 1.620 kg
Motorisation 4 cylindres essence, turbo – 1.995 cm3
Puissance – couple maximal 280 ch à 5.250 trs/mn – 400 Nm à 2.500 trs/mn
0 à 100 km/h – vitesse maximale 5,2 s – 240 km/h
Consommation annoncée – relevée 8,4 l – 10,5 l / 100 km
Prix modèle essayé 62.450 €



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