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Renault Scenic électrique : le plus grand concurrent du Tesla Model Y est français

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Après le renouveau matérialisé par la Megane E-Tech, Renault s’enhardit en nous offrons de belles perspectives pour la mobilité branchée. Nous ressortons avec une très bonne impression de l’essai du Renault Scenic. Maxime Fontanier explique dans cette vidéo comment ce SUV pourrait tirer son épingle du jeu face à la concurrence, et notamment les Tesla Model Y et Peugeot e-3008.

Le plus compact des 3

Après une belle carrière sous la forme d’un monospace, le Renault Scenic, ici électrique, s’est fait SUV familial, quoique compact. Il s’étend en longueur sur 4,47 mètres. C’est 7 cm de moins par rapport au Peugeot e-3008 face auquel il se place en concurrent direct, et 28 cm à comparer avec le Tesla Model Y qui reste une référence dans le domaine. Le modèle du Losange est aussi le plus réduit en largeur (1,86 m, contre respectivement 1,90 et 1,92 m hors rétroviseurs), et en hauteur (1,57 m, versus 1,64 et 1,62 m).

Pour animer l’engin du Losange, nous trouvons le même moteur monté sur la Renault Megane E-Tech. Il s’agit d’un bloc synchrone à rotor bobiné placé à l’avant et qui développe sur le modèle essayé une puissance de 160 kW (220 ch) pour un couple de 300 Nm. En entrée de gamme, les chiffres sont plus modestes : 125 kW (170 ch) et 280 Nm.

Nous profitons d’une batterie NMC (nickel manganèse cobalt) produite en Pologne par LG et offrant une capacité énergétique exploitable de 87 kWh. Contre 60 kWh avec la dotation inférieure.

Finition Techno + pack Iconic

Entre nos mains, le Scenic E-Tech bénéficie de la finition Techno enrichi du pack Iconic. Facturée 5 500 euros, cette option apporte par exemple le toit panoramique en verre opacifiant, le rétroviseur intérieur avec fonction caméra numérique, le planificateur d’itinéraire, le préconditionnement de la recharge, un système audio premium Harman Kardon à 9 haut-parleurs, le régulateur de vitesse adaptatif, le centrage dans la voie, etc.

Chaussé de pneus 235/45 sur jantes alliage diamantées Oracle de 20 pouces, notre Scenic électrique est habillé pour 1 350 euros supplémentaires d’un blanc nacré coiffé d’un toit noir étoilé. Derrière le hayon motorisé, le coffre est annoncé à 545 litres par le constructeur. Les chiffres selon la norme VDA sont plus modestes : 440 l, sur une profonde soute de 36 l.

Non coulissante, la banquette reçoit un dossier rabattable en trois parties facilitant l’embarquement des skis. Pas des plus pratiques, la plateforme assez basse peut-être rattrapée avec une malle en mousse (+ 185 euros) à trois compartiments. Egalement au catalogue des accessoires, un attelage démontable sans outil (+ 1 000 euros) pour tracter une remorque freinée jusque 1 100 kg et 750 si elle ne l’est pas.


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Des passagers chouchoutés à l’arrière

Grâce au grand empattement de 2,78 m, les passagers assis à l’arrière profitent d’un bel espace au niveau des jambes. Les genoux seront un peu relevés par rapport à l’assise, moins toutefois que dans la grande majorité des SUV électriques. Très confortable et d’un bon maintien latéral, la banquette offre un dossier juste ce qu’il faut incliné vers l’arrière. L’absence de tunnel central de service facilite l’embarquement d’un troisième voyageur.

Quand cette place est libre, un accoudoir très bien conçu peut être libéré. Son couvercle cache un espace pour loger par exemple une tablette ou des smartphones qu’il sera possible d’utiliser pour visionner individuellement des vidéos. Et ce, grâce au système de pupitres rotatifs et aux prises USB. « Ce qui permettra aux enfants de regarder leurs films préférés sans embarquer des écrans lourds et encombrants », souligne Maxime Fontanier.

Chaque dossier des sièges avant supporte deux doubles aumônières. Pour éviter les bruits, les bacs de rangement au bas des portes sont tapissés de moquette. Dans le Scenic E-Tech, les vitres surteintées qui ne descendent pas jusqu’en bas et le plastique dur en haut des contreportes ne rendent pas des plus agréables la position du coude sur le haut de la portière.

Egalement bien installé à l’avant

En s’asseyant à l’avant du SUV familial français, on retrouve un univers révélé avec la Renault Megane. Par exemple le système multimédia compatible Android Auto et Apple CarPlay qui s’appuie sur un écran de 12 pouces implanté verticalement. L’instrumentation numérique est très lisible. Avec un tissu bien réalisé, la sellerie du Scenic E-Tech essayé apparaît très confortable. Dans la version à notre disposition, les sièges sont chauffants et celui du conducteur est réglable électriquement, avec mémoire de position possible par acquittement sur l’écran.

Concernant la finition, ce sera selon votre degré d’exigence. On a une présentation générale plutôt valorisante grâce à quelques parties rembourrées avec surpiqûres, des inserts en aluminium, et une moquette de pavillon qui présente bien. Mais on a aussi beaucoup de zones en plastique dur qui sonnent creux, et des montants de portes peints bien visibles.

A disposition des passagers de l’avant, également pas mal d’espaces de rangement. Celui sous le couvercle de l’accoudoir central réglable dans la longueur ne bénéficie pas d’antidérapant. Prises USB-C et 12 V ainsi qu’un chargeur à induction pour smartphone font parties de la dotation.

Bravo pour l’ergonomie

Nous apprécions l’ergonomie du poste de commande du Renault Scenic E-Tech. L’affichage de l’instrumentation est personnalisable. Il est même possible de retrouver à cet endroit la carte du navigateur Google Automotive. Ce qui apporte en avantage de pouvoir comparer les informations avec celles de l’application Waze alors affichable sur la dalle centrale. Le sélecteur de marche P-R-N-D se présente sous la forme d’un levier derrière et à droite du volant chauffant. Ce dernier supporte les deux palettes pour jouer en roulant sur la puissance du freinage régénératif.

Régler les aides à la conduite, c’est facile en utilisant les boutons au niveau de la branche gauche du cerceau. Comme sur la plupart des voitures électriques, il est possible de régler un peu tout au niveau de la tablette. Il reste cependant et heureusement des raccourcis physiques pour intervenir rapidement sur le système de ventilation, chauffage et climatisation.

Afin de faciliter les manœuvres : une caméra à 360 degrés, une direction très directe et un diamètre de braquage à 10,9 mètres. Concernant ce dernier, c’est un poil moins bien que dans le Peugeot e-3008 (10,6 m) mais bien mieux que les 12,1 m du Tesla Model Y.

Tu ramperas ou tu freineras

Renault comptait-il apporter un peu d’Oxygène en demandant à Jean-Michel Jarre de produire le son destiné à prévenir les piétons de l’arrivée du Renault Scenic E-Tech lorsqu’il roule en dessous de 30 km/h ? Si vous n’êtes pas fan des aides à la conduite devenues obligatoires et qui peuvent se montrer parfois très intrusives dans les voitures électriques, sachez que sur ce SUV familial il est possible de les désinhiber toutes d’un coup au démarrage par une simple pression sur un bouton.

Pas besoin de galérer pour cela à chercher dans des sous-menus sur l’écran. « Bravo à Renault d’avoir pensé à cela », apprécie Maxime Fontanier.

Sans temps mort, l’accélérateur se montre très précis lorsque l’on appuie dessus. En relevant le pied, le ralentissement se termine par un léger rampage. Entre le rétro caméra à l’intérieur, ceux très larges à l’extérieur, les vitres bien dessinées, et l’essuie-glace à l’arrière, la visibilité sur l’environnement du véhicule est très bon. Autre bon point : un bruiteur pour les clignotants moins envahissant que celui du Peugeot e-3008.

Attention les genoux

Avec les jantes de 20 pouces, les suspensions du Renault Scenic E-Tech apparaissent un peu fermes en ville. Sans jouer de l’antipatinage, et en fonction du braquage, le système du SUV électrique est capable de limiter la puissance demandée à l’accélérateur. Ainsi en sortant d’un rond-point, par exemple. « Ca pourra déplaire aux puristes, mais c’est bien en termes de sécurité », justifie notre journaliste essayeur.

En mode Sport sur une petite route sinueuse, on retrouve cette bonne gestion de la motricité sur les roues avant. Ce véhicule n’est pas à ce jour proposé avec une transmission intégrale. « On a une direction qui est très communicative. On sent bien ce qui se passe au niveau des roues, et on sent que le train avant est quand même un petit peu lourd. Le véhicule est plutôt typé sous-vireur, demandant une attention particulière sur chaussée humide ou glissante. N’oublions pas que ce n’est pas une voiture de rallye », analyse-t-il.

Les virage s’enchaînent correctement, non sans balader quelque peu les passagers sur leurs sièges. Les revêtements durs en contreporte et la plateforme saillante du chargeur à induction rendent inconfortables les efforts du conducteur pour se maintenir avec les genoux. Heureusement, le véhicule ne prend pas beaucoup de roulis.

Sourire sur la balance

Avec la prise de vitesse, les suspensions classiques filtrent de mieux en mieux les aspérités de la route. Pas trop de rebonds, mais il est possible d’arriver à l’occasion en butée, même à vide : « Il faudra faire attention en roulant bien chargé ». Renault a réussi à bien contenir le poids de son Scenic E-Tech qui affiche 1 850 kg sur la balance dans cette version supérieure, dont 515 kg pour la batterie. Ce qui est bien mieux que le lourd Peugeot e-3008 (2 183 kg), et même, de façon exceptionnelle, que le Tesla Model Y qui pèse une soixantaine de kilos de plus que le SUV électrique familial du Losange.

Est-ce pour cela que la voiture freine assez court, même si « les étriers ne sont pas très très jolis » ? En cas de freinage prononcé, les feux de détresse se mettent en route automatiquement, jusqu’à ce que le conducteur les coupe.

S’élancer sur l’autoroute ne pose pas de problème au Scenic électrique. C’est en revanche là que les bruits de roulement, d’air et de mobilier se révèlent si le revêtement n’est pas de bonne qualité. Et ce, même en évoluant à seulement 100 km/h. Rien de catastrophique pour autant. C’est peut-être dû à une économie sur les matériaux pour modérer le poids du véhicule. Solution : Exploiter l’excellente sono Harman Kardon. A noter que les aides à la conduite fonctionnent très bien.

Rien d’exceptionnel concernant la recharge

Sous une température de 19° C, Maxime Fontanier a observé une consommation de 22,8 kWh/100 km dans son essai mixte sur une centaine de kilomètres, sans se priver ni rouler forcément au maximum de la limite de vitesse sur l’autoroute : « C’est plutôt pas mal, relativement contenu. On pourra tabler sur 24 kWh/100 km à 130. On va avoir une autonomie réelle qui va osciller entre 350 et 450 km, loin des 625 km annoncés. Par rapport à la concurrence européenne, on est dans le haut du panier : Bravo Renault ».

Dans une station Ionity, le Renault Scenic E-Tech devrait présenter une courbe de recharge pouvant s’élever jusqu’à une puissance de 150 kW (130 kW sur la version de base). En branchant à un niveau de 56 %, nous avons constaté au mieux 87 kW, avec une rapide descente à 70 puis dans les 60 kW. Pour comparaison, le Peugeot e-3008 était lui même vite tombé dans les 50 kW dans les mêmes conditions.

Des chiffres très en dessous de ce que l’on observe sur le Tesla Model Y. Attendez-vous à une quarantaine de minutes pour réaliser une recharge de 10 à 80 % avec le SUV familial entre nos mains. Concernant la régénération sur les bornes AC, il faudra sortir 2 000 euros de plus pour disposer d’un appareil 22 kW à la place de celui de 7 kW fourni de série.


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Une grille tarifaire très compétitive

En entrée de gamme, sans déduire le bonus de 4 000 euros (ou 7 000 si revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 15 400 euros), le Renault Scenic E-Tech démarre sa grille tarifaire à 39 990 euros : « Ce qui est très compétitif ». La version à grande autonomie comme celle dont nous disposions demande 7 000 euros supplémentaires (46 990 euros), et encore 5 500 euros de mieux avec le pack Iconic.

Ce qui nous amène à 52 490 euros, sans compter la peinture à 1 350 euros. En déduisant 4 000 euros au titre du bonus, on tombe à 48 490 euros : « C’est moins cher qu’un Tesla Model Y à grande autonomie à 50 000 euros et le nouveau Peugeot e-3008 dont les tarifs sont relativement salés et qui ne bénéficie pas de pompe à chaleur en série, contrairement à ce Scenic mieux équipé ».

Ce qui fait que le SUV familial électrique du Losange « est correctement placé en termes de tarif, avec une autonomie au niveau de Tesla, et en plus il est fabriqué à Douai. Bref, il a quasiment tout pour réussir ».

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