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Renault Scénic E-Tech : des choix astucieux !

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Il devient difficile de se démarquer dans la catégorie des véhicules familiaux tant la concurrence est forte. Mais Renault est parvenu à tirer son épingle du jeu avec la cinquième génération du Scénic entièrement repensée pour devenir 100% électrique. Pour preuve, celui-ci vient de décrocher le titre de voiture de l’année 2024. Une distinction pleinement méritée. Surtout dans sa version 220 ch dotée d’une autonomie de 625 km.

Renault ne cesse de nous étonner en réinventant ses modèles. Après la R5 et la 4L, cette fois c’est donc au tour du Scénic. Oubliez le monospace des années 90, la marque au Losange a littéralement métamorphosé son best-seller familial qui adopte aujourd’hui des allures de véritable concept car. On exagère un peu le trait, mais rappelez-vous le « Scénic Vision Concept » présenté en 2022. Renault avait fait forte impression en dévoilant un concept de SUV aux allures futuristes et sportives fonctionnant à l’hydrogène. Tellement décalé que personne n’avait imaginé qu’il puisse être voué au moindre avenir. Et pourtant, quelques années plus tard, voici vers quoi a abouti l’étude stylistique. Très réussie !

Ici la volonté des designers était de combiner les avantages d’une berline et d’un SUV. On le voit bien d’ailleurs de par ses proportions : 4,47 m de long pour 1,86 m de large et seulement 1,57 m de haut. Le modèle au Losange affiche une allure particulièrement dynamique avec son pavillon et sa ceinture de caisse situés plus bas que les SUV traditionnels. Un point crucial pour l’aérodynamisme et donc la consommation d’énergie. Profitons-en aussi pour mettre immédiatement les choses au clair : le Scénic ne joue plus tout à fait dans la même catégorie que le nouveau Peugeot E-3008 (4,54 x 1,90 x 1,64 m) mais nous y reviendrons.

Le Scénic révèle d’ailleurs clairement son positionnement avec son visage particulièrement agressif composé d’optiques acérées. La calandre très travaillée à base de petits losanges reste sobre mais moderne. Tandis que les feux diurnes intégrés aux extrémités du bouclier accentuent l’impression de puissance. On croirait presque une sportive. En outre, c’est la première fois que le Scénic profite du niveau de finition « Esprit Alpine ». Quelle allure avec ses jantes de 20 pouces ! Toutefois, de notre côté nous avons préféré opter pour la version la plus raffinée baptisée « Iconic », dotée de jantes aérodynamiques (pas très belles il faut l’avouer) mais de quelques équipements intérieurs bien sympas…

L’électrique sans fausse note

Contrairement au Peugeot E-3008 qui a fait le choix d’une plateforme multi-énergies, le Scénic E-Tech exploite une base technique exclusivement dédiée à l’électrique. Ici, aucune place au moindre compromis. Il récupère en effet à son compte la plateforme CMF-EV de la Mégane E-Tech, revue et adaptée (+27 cm de long) pour offrir un maximum d’espace à bord. Concrètement, les roues sont repoussées aux quatre coins de la carrosserie au profit de l’énorme empattement porté à 2,78 m.

Ainsi, le Scénic a beau se montrer plus court que le Peugeot E-3008, il parvient à offrir une meilleure habitabilité (cf paragraphe suivant), tout en offrant une excellente capacité d’emport de batteries. Le choix de cette plateforme permet également de contenir bien mieux son poids (1.730 kg à 1.890 kg selon les versions) face à un Lion devenu excessivement lourd (2.183 kg en version 210 ch / 73 kWh). Cerise sur le gâteau, les synergies avec la Mégane permettent à Renault de maitriser ses tarifs.

L’offre se compose de deux versions : elle démarre à partir de 39.990 euros (ou 300 euros par mois) en finition Evolution avec un moteur électrique de 170 ch et une batterie de 60 kWh offrant une autonomie de 430 km. La version « grande autonomie » affichée à partir de 46.990 euros (ou 400 euros par mois) est quant à elle uniquement proposée en finition Techno avec un moteur de 220 ch et une batterie de 87 kWh offrant 625 km d’autonomie.

Là où cela devient intéressant est que cette finition Techno peut être enrichie d’un sous-niveau de finition : Esprit Alpine (+ 2000 euros) ou bien Iconic (+ 5.500 euros). Ambiance sportive ou raffinée, à vous de voir. L’astuce est de vendre ces finitions sous forme d’une option. Ce qui permet au Scénic E-Tech, quelle que soit sa configuration, de se positionner sous le seuil des 47.000 euros et ainsi d’être totalement éligible au bonus gouvernemental de 4.000 euros.

L’électrique des familles

Le Scénic a toujours été conçu pour être le premier véhicule du foyer. Cette version 100% électrique devrait relativement bien satisfaire cette attente grâce à sa conception bien pensée. Son premier atout concerne le coffre qui s’impose comme l’une des références de la catégorie avec un volume de 545 litres, modulable à 1.670 litres. On regrette que celui-ci n’offre pas un plancher plat une fois la banquette 40-20-40 rabattue (voir notre diaporama photo), mais Renault propose un bac de rangement supplémentaire en accessoire, permettant de résoudre partiellement ce défaut.

Grâce à son long empattement, le Scénic offre également un accueil exemplaire aux passagers arrière, disposant d’énormément de place aux jambes. La garde au toit se révèle aussi très généreuse sur notre modèle d’essai équipé du toit panoramique. L’astuce cette fois est d’avoir opté pour un toit vitré capable de s’opacifier par segments grâce à une technologie à cristaux liquides (+1.500 euros). Cela permet de contourner l’habituel rideau occultant et donc de gagner 3 cm de garde au toit. Par contre, pas de banquette coulissante, qui aurait contraint de rehausser toutes les proportions du véhicule selon Renault.

A l’avant, le mobilier est quant à lui identique à celui de la Mégane E-Tech. Un très bon point au regard de la bonne ergonomie offerte par le système multimédia Open R Link composé d’un bloc d’instrumentation horizontal et d’un grand écran central vertical de 12 pouces. On note également que Renault a banni le cuir en optant exclusivement pour des matériaux durables composés en grande partie de matières recyclées (plastiques de la planche de bord, les fibres qui composent les selleries, et même le verre du toit panoramique).

Enfin côté équipements, le planificateur de trajets a été confié à Google. Une bonne nouvelle pour s’assurer d’arriver à bon port. D’autant que celui-ci fera l’objet de plusieurs mises à jour en cours d’année pour devenir encore plus efficace et intuitif. Renault a en effet pour ambition de conquérir 85% de clients issus du thermique. Des widget ont donc été créées pour accompagner cette transition en réduisant autant que possible l’angoisse de la panne sèche. Le compteur affiche ainsi constamment l’autonomie qu’il est envisageable d’atteindre à la fois en ville et sur autoroute. Il est même possible de faire des simulations de test d’autonomie sur le site Renault, pour comprendre les variations parfois conséquentes selon les saisons et la température extérieure.

La conduite d’une berline ?

Pour cet essai du Renault Scénic E-Tech, nous avons eu l’occasion de prendre en main la version haut de gamme forte d’une puissance de 220 ch et d’une batterie de 87 kWh. Les premières impressions nous sont apparues très positives. La volonté des ingénieurs était d’offrir des sensations de conduite proches de celles d’une berline. Et l’objectif est bien atteint avec une position de conduite dominante et les jambes relativement bien tendues. Assez similaire finalement avec celle de la Mégane E-Tech.

On apprécie immédiatement aussi le très bon équilibre entre confort et dynamisme malgré les énormes jantes de 20 pouces. Un diamètre souvent excessif sans recourir à un amortissement piloté. On constate pourtant que le Scénic n’en a guère besoin puisque le filtrage de la suspension se révèle excellent et que les mouvements de caisse sont correctement contenus. Une qualité à mettre au compte aussi du long empattement qui assure une grande stabilité, ainsi qu’à l’excellente répartition des masses.

Scenic E-Tech, le nouveau SUV 100 % électrique de Renault – Reportage TURBO du 10/09/2023

Le secret c’est le poids…

Renault s’est montré plutôt rationnel niveau mécanique en proposant deux niveaux de puissance : 170 et 220 ch. Le Scénic E-Tech s’arrête là où démarre le Peugeot E-3008. Mais cela s’explique puisque la vraie performance réalisée par les ingénieurs au Losange concerne la maitrise du poids. Soyons clair, celui-ci apparait bien contenu face à la concurrence, mais il demeure néanmoins bien sensible à la conduite.

Cela n’est toutefois pas incompatible avec un certain dynamisme. Ainsi, contrairement à d’autres modèles du catalogue, le Scénic fait également l’impasse sur les roues arrière directrices. Mais encore une fois, nous découvrons qu’il s’en passe parfaitement grâce à une direction très directe assurant un grand sentiment d’agilité. La démultiplication est en fait identique à celle de la Mégane E-Tech. Ce qui lui assure en outre un diamètre de braquage de seulement 10,9 m.

Côté performances, le 0 à 100 km/h réalisé en 7,9 s apparait très satisfaisant pour un véhicule de cette catégorie. Aucune perte de motricité n’est à déplorer à l’accélération. On note d’ailleurs une grande amplitude entre les différents modes de conduite (Eco, Normal et Sport). Intéressant pour optimiser l’écoconduite sans renoncer au dynamisme, réel même en reprises avec 220 ch un couple de 300 Nm délivrés sans latence. 

La consommation nous est également apparue bien contenue avec une moyenne constatée de 17,5 kWh / 100 km au travers d’une bonne écoconduite. Soit un peu plus que les 16,8 kWh / 100 km homologués en cycle mixte WLTP. De quoi envisager environ 450 km d’une seule charge (contre 625 km annoncés). La consommation ne s’est pas envolée sur routes et voies rapides avec une moyenne de 20,1 kWh / 100 km. A mettre cette fois en partie au compte du freinage régénératif réglable selon quatre niveaux. Particulièrement efficace.

Enfin, le Scénic embarque de série une pompe à chaleur bien utile pour limiter la consommation en hiver. Mais il se contente d’un chargeur de 7 kW AC contre 11 kW pour la majorité de ses concurrents. Heureusement un chargeur de 22 kW AC est toutefois proposé en option (2.000 euros). La puissance de charge sur borne rapide DC dépend quant à elle de la batterie : 130 kW pour la version 60 kWh et 150 kW pour la 87 kWh. De quoi passer de 15 à 80 % en 37 minutes. Là encore, la concurrence fait mieux. Même si cela reste acceptable.

Face à la concurrence

Renault a opté pour une stratégie différente de ses concurrents. L’offre d’accès de 170 ch – 60 kWh affichée à partir de 39.990 euros se destine principalement aux flottes d’entreprise avec son autonomie de 430 km. La clientèle avisée s’orientera davantage vers la version 220 ch – 87 kWh très bien placée en termes de tarifs (46.990 euros) et de prestations avec son rayon d’action de 625 km.

En effet, le Peugeot E-3008 est proposé à partir de 44.990 euros avec la batterie de 73 kWh, pour une puissance équivalente (210 ch) mais une autonomie bien inférieure (510 km). Le modèle au Lion se révèle bien plus lourd et imposant, mais il se démarque par sa philosophie plus statutaire.

La Tesla Model Y – beaucoup plus grande avec ses 4,75 m – se positionne quant à elle dès 42.990 euros en version 300 ch – 60 kWh. Mais réclame 49.990 euros avec la batterie de 72 kWh, pour une puissance bien supérieure (351 ch) et une autonomie moindre (533 km). Ce sera le choix du dynamisme ! Mais sans bonus…

Titre fiche technique

Fiche technique

Fiche technique

Modèle essayé : Renault Scénic E-Tech Techno Iconic 220 ch – 87 kWh
Dimensions L x l x h 4,47 x 1,86 x 1,57 m
Empattement 2,78 m
Volume mini / maxi du coffre 545 – 1.670 litres
Poids à vide 1.890 kg
Moteur Electrique 220 ch
0 à 100 km/h 7,9 s
Capacité Batterie 87 kWh
Autonomie 625 km
Tarif avant bonus 46.990 euros + 5.500 euros (Iconic)
Bonus 4.000 euros



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