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peut-il être mieux qu’un Renault Captur ?

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Au risque de déplaire aux clients du précédent ASX, le nouveau petit SUV Mitsubishi n’a plus rien à voir avec son devancier. Qu’à cela ne tienne, il s’agissait pour le constructeur japonais d’assurer son remplacement à moindre frais avec une offre hybride. Et comme rebadger des modèles existants n’est pas une pratique honteuse, autant lorgner sur l’un des meilleurs du genre. Le nouveau ASX est donc un clone du Renault Captur ! Jouons au jeu des 7 différences, mais pas sûr d’en trouver autant.

Il y a quelques années, c’était plutôt l’inverse : les français faisaient leurs courses chez Mitsubishi pour y apposer leur logo. Citroën et Peugeot avaient emprunté une base d’ancien Outlander pour sortir leurs C-Crosser et 4007, puis un premier ASX pour donner vie aux C4 Aircross et 4008, ou encore une i-Miev renommée C-Zero et Ion. La raison était simple : étoffer leurs gammes rapidement en évitant d’investir. Ironie du sort, on assiste à une inversion des rôles avec cette deuxième génération d’ASX… cette fois, avec du Renault dans l’air puisque Mitsubishi a rejoint en 2016 l’Alliance Renault – Nissan. Le nouvel ASX pousse donc au maximum la synergie de groupe pour son renouvellement : il ne s’agissait pas de réadapter la plate-forme du Captur ni de le recarrosser, mais simplement d’y apposer son logo.

 

L’ASX 2023 est donc rigoureusement identique au Captur, et sort d’ailleurs des mêmes chaînes de montage que celui-ci (Valladolid, Espagne). La calandre, le Losange remplacé, un gros lettrage Mitsubishi qui s’étend sur le hayon (la caméra de recul n’a même pas bougé), et c’est tout : hormis le logo des jantes et le sigle spécifique à l’hybride, il est rigoureusement impossible de le distinguer du français ! Quel intérêt, finalement ? Pour Mitsubishi, le calcul est simple : depuis la disparition des Outlander et Pajero, la gamme se résume à la Space Star et à l’Eclipse Cross. L’arrivée de cet ASX, puis d’une Colt plus tard en 2023 (une Clio rebadgée cette fois), permettra donc de mettre de nouveaux modèles dans les concessions… et de retenir quelques clients, sans prétention de faire de l’ombre au jumeau Renault. Qui sait, l’image du japonais peut-même être bénéfique sur d’autres marchés européens.

Il fallait aussi proposer rapidement des modèles aux chiffres de CO2 favorables, pour ne pas subir le bâton de la fiscalité européenne. La même logique a d’ailleurs mené récemment à d’autres situation identiques : Suzuki a bien emprunté à Toyota ses Corolla et RAV4 pour en faire des Swace et Across.

 


Essai – Mitsubishi ASX (2023) : un Renault Captur en mieux ?

Seule la calandre et les logos distinguent l’ASX du Renault Captur. Tout le reste est identique, jusqu’au moindre élément de carrosserie.

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre Mitsubishi ASX, l’alternative à la côte Argus.

Plus grand-chose du précédent ASX

L’ancien ASX apparu en 2010 (12 ans de carrière !) se situait à mi-chemin entre SUV – B et le créneau supérieur des SUV compacts, à 4,37 m de long. Le nouveau venu, nettement plus court (4,23 m, ses cotes sont identiques au Captur au millimètre), rentre donc bien dans la case du segment des petits SUV et crossovers dits « urbains ». Il trouve donc face à lui de vieilles connaissances, principalement Volkswagen T-Roc, Peugeot 2008 ou Toyota Yaris Cross.

Du Captur, l’ASX a également conservé l’agencement intérieur. Là encore, un logo au centre du volant, et c’est tout ! Même l’affichage de l’interface média est identique. La présentation est plutôt soignée, et la modularité intéressante profite d’une banquette arrière coulissante. L’espace à bord est dans la bonne moyenne, quand la banquette est reculée au maximum. Le coffre perd alors quelques litres, reste convenable sur les thermiques (422 l) et l’hybride classique (305 l), mais franchement réduit sur le PHEV (logiquement amputé à cause de la plus grosse batterie), à 261 l banquette reculée. Les anciens clients ne retrouveront pas les volumes intérieurs plus généreux et la conception un peu plus rationnelle, sans chichis, du précédent ASX… et pourraient donc bien le conserver.

 


Essai – Mitsubishi ASX (2023) : un Renault Captur en mieux ?

Exeption faite du logo et du levier de boite auto, l’habitacle aussi est un copié – collé de celui du Captur. Sérieusement constuit, et bien équipé de série. Heureusement, car Mitsubishi a fixé haut les tarifs de l’ASX.

Sur la route : bon élève et sans surprise

Strictement rien n’a changé, là encore, par rapport au Captur ! Juste le nom des motorisations au catalogue… Pas même un ajustement de suspension, rien. On retrouve donc les mêmes mécaniques, qui débutent avec le modeste 3 cylindres 1.0 de 90 ch. L’ASX reçoit aussi l’excellent 4 cylindres à micro-hybridation 1,3 l de 140 ch (avec boite 7 rapports double embrayage), l’hybride classique E-Tech 145 (renommé HEV) et le PHEV 160 ch. Mais pas de GPL, dommage : le plein à 1 € / l est tout de même un argument massue.

Les yeux fermés (ce n’est pas conseillé), il est donc impossible de déceler la moindre différence avec le Captur au volant. Le même toucher de route confortable, plutôt plaisant, hélas desservi par une suspension trop souple sur l’hybride PHEV. Sur mauvaise route, d’importants pompages se font sentir, nuisant au confort et au maintien de l’auto. Tout s’arrange sur des revêtements corrects ou sur voie rapide… A mettre au compte des réglages spécifiques pour encaisser les 120 kg de poids supplémentaires ? Celui-ci embarque une batterie de 10,5 kWh, pour rappel, permettant de parcourir environ 40 km (officiellement). Plutôt 30 km, en réalité. Tant que l’on reste sage et que l’on évite de solliciter les 160 ch annoncés (un peu timides en pratique), la consommation reste relativement mesurée (autour de 6,5 l/100 km relevés batterie vide).

 


Essai – Mitsubishi ASX (2023) : un Renault Captur en mieux ?

Rien n’a bougé concernant le châssis. On retrouve le comportement sain et rassurant du Captur, un peu trop souple pour l’hybride plug-in, plus lourd et moins alerte. Mais le confort est de bon niveau.

Plus classique, l’hybride simple de 145 ch présente un comportement plus agréable et rigoureux. Là encore, ce moteur est efficace et la consommation reste à des niveaux flatteurs (moins de 5 l/100 km relevés sans excès de précaution, sur parcours mixte). Mais attention, cette mécanique plutôt atypique inaugurée par le Captur n’aime pas qu’on la bouscule : la réactivité aléatoire et hésitante de la boite à crabots, aidée par un second petit moteur électrique (en guise d’embrayage, voir notre essai détaillé de ce système particulier), engendre un fonctionnement parfois erratique en parcours vallonné. L’impression que le 4 cylindres s’emballe (un 1,6 l atmosphérique) rappelle parfois les anciennes transmissions CVT Toyota ! Quand le relief s’adoucit, ou en ville, son fonctionnement est heureusement bien plus agréable et fluide.

Tarifs : cher ASX

Côté équipement et prix, la politique Mitsubishi diffère de ce qui est pratiqué chez Renault. Pas d’options ou presque, tout est de série selon les niveaux de finition. La gamme est un peu plus simple que celle du Captur, mais débute plus haut : à partir de 24.990 € pour le 3 cylindres, seul moteur proposé en finition de base Invite, soit environ 1.000 € de plus que le Captur en prix d’appel.

 


Essai – Mitsubishi ASX (2023) : un Renault Captur en mieux ?

L’hybride simple (145 ch) devrait assurer le gros des ventes. Economique à l’usage, mais son fonctionnement devient brouillon dès que l’on hausse le rythme, a fortiori sur terrain valloné. Pour l’agrément, mieux vaut retenir le 1,3 l turbo (moins cher).

Le surcoût, tout de même important, est compensé par une dotation plus riche (radars de stationnement, caméra de recul de série…). L’écart est encore plus significatif sur les versions supérieures : l’hybride 145 ch en finition Intense demande 31.490 €. C’est onéreux, mais rien ne manque (régulateur adaptatif, interface média avec grand écran 9,3″, GPS, feux de route et croisement automatiques). L’ASX culmine à 42.990 € dans sa version la plus chère (PHEV Instyle). A prestations équivalentes, les tarifs sont donc comparables à ceux du Captur. Avantage à mettre au compte du Mitsubishi : l’ASX profite d’une garantie 5 ans (100.000 km), sans doute le seul atout concret par rapport à son jumeau Renault.

Caractéristiques techniques Mitsubishi ASX 1.6 HEV (2023)

 
Modèle essayé : Mitsubishi ASX 1.6 HEV Instyle
Dimensions L x l x h 4,227 / 1,797 / 1,576 m
Empattement 2,640 m
Volume mini coffre 305 l
Poids à vide 1.363 kg
Cylindrée du moteur 4 cylindres 1.598 cm3 (90 ch), essence + 2 moteurs électriques (49 + 20 ch)
Puissance combinée 145 ch
Couple 144 Nm (thermique) + 205 Nm (électrique)
0 à 100 km/h 10,6 s
Vitesse max 170 km/h
Taux de CO2 107 g/km
Consommation relevée 5 l / 100 km (annoncée, WLTP mixte : 4,7 l)
Bonus 2020 0 €
Tarifs à partir de 24.990 € (modèle essayé : 37.990 €)



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