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Maserati GranTurismo (2023), entre les cylindres et l’éclair !

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Le Trident de Neptune se met à piquer de nouveau nos fessiers, pour aiguiser notre curiosité sur l’arrivée d’une nouvelle GT, un classique chez Maserati : La GranTurismo ! Il faut avouer qu’elle s’est quand même fait un peu attendre la belle de Modène ! Apparue pour la première fois en 2007, au salon automobile de Genève, légèrement restylée en 2017, pour son dixième anniversaire, la GranTurismo a traversé les époques sans réel changement. Alors pour être certain d’attirer à nouveau tous les regards sur ses charmes transalpins, Maserati a développé en parallèle deux modèles : La première vit au rythme des cylindres, la seconde s’offre les services des électrons. Deux coupés distincts, la Trofeo et la Folgore. Une version thermique et une GT 100% électrique… Histoire de comprendre que la GranTurismo va encore s’inscrire dans la durée, s’offre un bel avenir avec de sérieuses ambitions…

Maserati, marque Italienne légendaire, fondée en 1914 a su trouver sa place, malgré de nombreuses difficultés, dans l’immense berceau industriel de Modène, le triangle d’or des constructeurs transalpins. Icône du Trident de Neptune, Maserati a vécu, c’est vrai, un peu dans l’ombre de Ferrari…

Un constructeur aux multiples repreneurs, une marque qui a longtemps souffert, à tort, d’un manque de reconnaissance. Mais Maserati a résisté grâce à la richesse de son histoire, à la vente de belles automobiles, symbole du grand tourisme italien par excellence, et d’une gamme aujourd’hui cohérente. Maserati retrouve une certaine forme de sérénité et surtout d’autonomie au sein du groupe Stellantis.

Une tradition respectée

Et pourtant, Maserati n’a jamais vraiment renié son passé… Malgré la sortie récente de quelques SUV (stratégie de volume) et d’une vraie belle sportive à moteur central la MC20 (stratégie d’image), le constructeur italien conçoit depuis 75 ans, date de la première A6 1500, des GT, des coupés dynamiques, parfois grands, à 4 places, avec, dans le dessin, un mélange de raffinement et d’élégance, de sportivité sereine et performante.

Une longue lignée (3500 GT, 5000 GT, Sebring, Ghibli, Bora, 3200 GT et bien d’autres), dans laquelle la GranTurismo s’inscrit sans complexe depuis 16 années maintenant. Mais il fallait la moderniser, lui donner un, ou plutôt, deux nouveaux souffles.

Un style sans risque

Par rapport à la première génération, dessinée par Pininfarina, la GrandTurismo 2.0 sort tout droit du centre de style Maserati de Turin. Et on ne peut pas vraiment affirmer que c’est la grosse révolution. Ah si peut être la longueur ! 1,4 cm de plus ! Un brin persifleur serai je ? Oui, un peu. Mais c’est ce qu’on appelle le syndrome « Aston Martin » : Le constructeur fait évoluer gentiment le style, mais pas trop, trop risqué pour une Icône ! Alors on ne change rien, voire pas grand chose… Les fondamentaux sont respectés : la bouche est mise en valeur, les courbes sont embellies, les optiques se modernisent, l’avant « se Jaguarise » un peu, l’arrière reste dans la tradition, mais dans l’ensemble, sa fluidité et ses proportions sont magnifiques. 4,90m d’élégance Maserati. Un très beau coupé.

Esthétiquement proche de sa sœur thermique, la Folgore voit son bouclier avant modifié, les entrées d’air de la calandre sont dessinées différemment. La calandre intègre à l’arrière des flaps mobiles, pour optimiser le refroidissement de la batterie. Le châssis des deux est composé à 65% en Aluminium.

Non, ce qui change, en fait, réellement, c’est l’arrivée du V6 et de l’électrique… 

Maserati GranTurismo Trofeo & Folgore, deux visions opposées de la GT – Essai TURBO du 19/02/2023

Le V8 atmosphérique Ferrari aux oubliettes ! 

Côté Thermique, Maserati a définitivement abandonné le bon vieux V8 « atmo » du Cheval Cabré (V8 4,2 litres de 405 ch) pour alimenter, en essence, sa GT avec son tout nouveau moteur « maison », bien nommé « Nettuno ». Neptune. Un V6 3,0 litres biturbo ouvert à 90° développant dans cette version Trofeo 550 chevaux (Une version moins puissante de 490 chevaux existe aussi sur le modèle d’entrée de gamme appelé « Modena »). Un moteur que l’on retrouve également dans le SUV Grecale (530 ch) et dans la généreuse MC20 (630 ch).

Et pour la Folgore, l’éclair, le tout premier modèle 100% électrique dans l’histoire de Maserati, le modèle utilise trois moteurs électriques, un à l’avant, deux à l’arrière, d’une puissance chacun de 300 kW, soit 760 chevaux électrifiés cumulés. La batterie dont la technologie 800 volts provient directement de la  Formula E, a une capacité de 83,4 kWh.

Changement de Philosophie : Transmission intégrale

Nous sommes dans la région de Rome pour prendre la mesure de nos montures. Je reste dans la tradition du coupé, alors le thermique d’abord ! Ce moteur donne le change à l’ancien V8… Oui bon, il ne fait pas le même son. D’accord.

Mais franchement, sa fabuleuse énergie à 6500 tours/mm, offre à cette GT du caractère et de la performance. Quel moteur ! Avec 650 Nm de couple et un 0 à 100 km/h atteint en 3,5 s, pas mal pour une grande GT de 1.795 kg, la GranTurismo s’affère avec dynamisme, vigueur et une belle aisance dans les courbes.

Techniquement, le passage en quatre roues motrices, une première, pour la Gran Turismo, transforme sa vélocité en agilité. Même si par nature son couple est majoritairement distribué sur l’essieu arrière.

La transmission intégrale varie sur les quatre roues de manière intelligente. Coté amortissement, en revanche, il faut chercher. Les modes et les tarages varient entre trop de confort qui rendent la voiture mollassonne, et une fermeté, un poil trop agressif. Il faut donc essayer, tester. Mais on finit par trouver le bon mode avec le bon tarage  et on obtient une voiture assez homogène, bien équilibrée, athlétique, et sympathique à conduire.  Confortable aussi. Ouf.

La boite ZF à 8 rapports, dont le calibrage est rigoureux, offre une belle exploitation mécanique. La GranTurismo Trofeo peut rendre la ballade très sportive… A ma plus grande surprise.

Un intérieur sport chic !

Avant de prendre le volant de la Folgore, on s’arrête pour jeter un œil à l’intérieur de la Trofeo. Les places arrière ne ressemblent pas à des strapontins… Creusées et bien dessinées, les deux places à l’arrière autorisent la présence de deux adultes. Il y a du confort et de la hauteur. A l’avant, la GranTurismo entre dans l’ère du digital avec pas moins de trois dalles numériques… L’instrumentation principale face au conducteur, et deux autres écrans, d’infos et de divertissements, se situent au centre de la planche de bord. Ils s’intègrent dans des matériaux sportifs chics, du carbone tressé, du cuir surpiqué, dont la qualité perçue reste de haute facture. L’intérieur est réussi même si des boutons pas très heureux remplacent une boite de vitesses, même automatique, que l’on aimerait avoir entre les mains.

Aussi vive que l’éclair !

On reprend la route, mais cette fois ci, à bord de la Folgore. On change d’atmosphère, d’univers, et de ressenti. Voiture électrique. Plus véloce. Moins d’âme. Forcément. Quoique. Maserati a glissé un son artificiel d’un bon V8 que l’on entend à son bord, mais également à l’extérieur. Pas mal.

La performance de la GT se traduit différemment. Par rapport à sa sœur Trofeo, la voiture est plus lourde de 465 kg mais elle compense assez aisément son excès de poids (2.260 kg) par une puissance électrique plus importante, et en pratique, très instantanée (2,7 s le 0 à 100 km/h). Phénoménale à pleine charge. C’est assez impressionnant. Une sportivité fulgurante, Folgore !

Mais je ne suis pas certain que les 450 km d’autonomie annoncée soient assurés, malgré une bonne régénération lorsque le rythme redevient serein. Avec trois moteurs, la GT est une fusée, plutôt bien équilibrée, bien campée sur ses quatre roues motrices.

Les deux moteurs arrière, grâce à un système complexe appelé : « vectorisation du couple », permettent d’envoyer jusqu’à 400 chevaux sur une seule roue, à gauche ou à droite, en fonction des besoins… Cela pallie l’absence de roue arrière directrice, et donne beaucoup de dynamisme à la voiture sans perte de motricité.



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