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Les carburants synthétiques ont du plomb dans l’aile

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Dans sa tentative de maintenir en vie son industrie automobile à moteur à combustion interne et de réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’Allemagne a récemment cherché à promouvoir les carburants synthétiques, connus sous le nom d’e-fuels, lors du salon de l’automobile de Munich. Cependant, cette initiative n’a pas eu le succès escompté et a mis en lumière les divisions au sein de l’Europe quant à la meilleure voie à suivre pour l’avenir de la mobilité durable.

L’objectif des E-Fuels : décarboniser les voitures à moteur à combustion interne

L’Allemagne, connue pour son industrie automobile, avait l’intention d’utiliser le salon automobile de Munich comme une plateforme pour promouvoir les e-fuels comme une alternative viable pour réduire les émissions provenant des voitures à moteur à combustion interne. Ces carburants synthétiques sont produits en capturant le dioxyde de carbone (CO2) et en utilisant de l’hydrogène provenant d’une source d’électricité propre, puis en les combinant pour créer un carburant liquide pouvant être utilisé dans les moteurs à combustion interne traditionnels.

L’objectif était de persuader d’autres pays de soutenir une déclaration en faveur des e-fuels. Cette déclaration encourageait les signataires à investir dans de nouvelles installations de production d’e-fuels, à partager leurs connaissances et à défendre la « neutralité technologique » dans le développement des technologies de véhicules propres rapporte le Politico.

Les désaccords au salon de l’automobile de Munich

Cependant, cette initiative n’a pas été couronnée de succès en raison de désaccords sur le texte proposé de la déclaration. Les signataires potentiels n’ont pas pu s’entendre sur les termes de l’accord. Certains pays étaient réticents à soutenir une approche qui mettait l’accent sur les e-fuels, arguant que cela pourrait détourner l’attention des solutions basées sur la batterie, comme les véhicules électriques.

Finalement, seuls trois pays ont soutenu l’Allemagne dans cette démarche : la République tchèque, le Japon et le Maroc. La République tchèque et le Japon, tous deux fabricants de voitures à moteur à combustion interne, avaient un intérêt économique à soutenir les e-fuels. Le Maroc, quant à lui, espère commercialiser sa capacité à utiliser l’énergie solaire et éolienne pour produire de l’hydrogène vert.

Les objectifs de l’Allemagne et les défis des E-Fuels

Pour comprendre pourquoi l’Allemagne insiste autant sur les e-fuels, il est essentiel de connaître les objectifs et les enjeux. L’Allemagne cherche à préserver son industrie automobile, qui repose en grande partie sur la fabrication de voitures à moteur à combustion interne. Alors que de nombreux pays et régions du monde se tournent vers l’électrification totale des transports, l’Allemagne estime qu’il est réaliste de croire que les e-fuels pourraient jouer un rôle crucial dans la décarbonisation de sa flotte automobile existante, qui continuera de rouler pendant de nombreuses années après 2035.

Cependant, il y a des défis significatifs à relever pour que les e-fuels deviennent une réalité viable. Ils sont coûteux à produire et sont encore fabriqués en quantités limitées. De plus, l’Union européenne envisage principalement d’utiliser les e-fuels dans des secteurs difficiles à décarboniser, tels que l’aviation. 



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