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Les assureurs ont-ils peur face aux voitures électriques chinoises ?

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BYD Seal

Au Royaume-Uni, les assureurs ne veulent pas s’engager sans conditions sur les voitures électriques chinoises. Selon eux, le manque de pièces et de service après-vente pose quelques questions cruciales.

L’arrivée massive des voitures électriques chinoises sur le marché européen se confirme depuis plusieurs mois. Elles trouvent un public nombreux grâce à un rapport prix/prestations très avantageux.

Mais dans les faits, ces voitures semblent présenter des problèmes aux assureurs au Royaume-Uni. En effet, ceux-ci appliquent des surtaxes, voire refusent complètement de les assurer. Des manquements en matière de pièces et de service après-vente inquiètent les compagnies.

Outre-Manche, il est par exemple difficile de protéger une BYD Seal, comme le révèle Auto Express. Peu de compagnies sont prêtes à assurer ce modèle, et les prix explosent rapidement. La publication cite d’ailleurs BYD à ce sujet, confirmant une inquiétude.

“Nous prenons ce problème très au sérieux et nous travaillons avec les parties concernées pour trouver une solution à long-terme”, a déclaré un porte-parole de BYD. La firme travaille aussi avec Thatcham Research, une entreprise qui évalue les risques des assureurs.

Ben Townsend, directeur de la partie automobile chez Thatcham Research, explique ces réticences. Il détaille le fait que cela ne vient pas des voitures elles-mêmes, mais de leur gestion en Europe.

“Il n’y a rien de fondamentalement mauvais dans les voitures qu’ils fabriquent. Ce sont de bons produits”, explique Townsend. “BYD est le plus grand fabricant de batteries au monde, le plus grand fabricant de panneaux solaires au monde et fabrique la moitié des iPads dans le monde.”


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Des Ora Funky Cat “à la casse” inutilement

En revanche, certains constructeurs posent davantage problème. Martyn Rowley, le directeur exécutif de l’association des carrossiers, détaille ces difficultés. Il prend pour exemple la marque Ora du groupe Great Wall, et son modèle 03, qui se nomme aussi Funky Cat.

“Nous avons des réparateurs qui ont mis à la casse cette voiture pour des raisons stupides, pour quelque chose qui passerait au travers d’un atelier de carrosserie s’il s’agissait d’une Ford ou d’une Vauxhall (Opel)”, explique Rowley.

“Malheureusement, il est impossible d’obtenir des pièces détachées. Elles ne sont pas disponibles pour ce véhicule. Cela me semble ridicule, compte tenu du fait qu’il s’agit d’entreprises pesant plusieurs millions de livres.”

Auto Express a interrogé Ora sur le sujet, et le constructeur du l’Empire du Milieu ne dément pas. Il explique travailler activement à la facilitation de prise en charge de ses véhicules par les assureurs.

“Nous sommes conscients que certains clients font état d’options d’assurance restreintes actuellement.” Le constructeur révèle avoir “pris un certain nombre de mesures pour améliorer cette situation. Nous espérons que le choix des consommateurs en matière d’assurance s’améliorera très bientôt.”

Un trop grand décalage avec les méthodes chinoises ?

Townsend explique que le marché du travail en Chine joue sur les manières de gérer les problèmes consécutifs aux accidents. Le faible coût du travail incite les assureurs à réparer les véhicules, même avec de nombreux dégâts.

“En Chine, il est normal de réparer tout un côté de la carrosserie d’une voiture. En cas de choc latéral, on répare tout le côté de la carrosserie parce que la main-d’œuvre est très bon marché.”

“Ils fournissent donc des informations sur la réparation d’un côté de la carrosserie à un atelier britannique. Mais ici, la réparation d’un côté de la carrosserie aboutirait à la mise en casse de la voiture, car le coût de la main-d’œuvre la rend non viable.”

Autre constructeur chinois, MG essaie de sortir des difficultés liées au service après-vente. Jusqu’à récemment, les réparateurs britanniques avaient des difficultés à trouver les réglages des voitures.

“MG Motor UK est déjà bien établi sur son marché national grâce à un solide réseau de concessionnaires et à son centre de service et de pièces détachées de Longbridge, à Birmingham.”

“Notre disponibilité actuelle des pièces nous assure un approvisionnement de 10 mois et 91 % des pièces de véhicules pour l’ensemble de la gamme MG sont immédiatement disponibles ici au Royaume-Uni et accessibles à notre réseau de concessionnaires ou aux réparateurs agréés par l’assurance”



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