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le V8 joue du Black Metal

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Le restylage de mi-parcours du très élitiste Audi Q8 n’apporte rien de très nouveau ou original, mais intervient avec une excellente nouvelle : sur la version de pointe SQ8, le V8 essence n’a pas disparu et gronde toujours aussi juste. 507 ch, plus de 2 tonnes ? La matraque fiscale française s’annonce impitoyable. Mais vu les bienfaits d’une telle machinerie, le malus devrait être remboursé par la sécu. Notre essai.

Avant toute chose, il faut désamorcer la confusion : rappelons qu’il existe désormais deux Q8 dans la gamme Audi, depuis le remaniement du SUV électrique e-tron rebaptisé Q8 e-tron l’an dernier. Cette fois, nous parlons bien du Q8 « tout court », lancé fin 2018, variante vaguement « coupé » de l’Audi Q7. Le Q8 est donc au Q7, pour faire simple, ce que le BMW X6 est au X5. En moins répandu, surtout en France, où la clientèle de ces mastodontes en survet’ lui préfère ses rivaux BMW, Mercedes GLE Coupé ou Porsche Cayenne Coupé… Hors de ses marchés de prédilection, Etats-Unis principalement, l’Audi Q8 reste donc un modèle confidentiel.

 


ESSAI – Audi SQ8 restylé (2024) : le V8 joue du Black Metal

Le bouclier avant est un peu plus ajouré, les phares adoptent un nouvel éclairage combinant Matrix Led et laser : ce sont les seules évolutions (minimes) du restylage de l’Audi Q8 (et de notre SQ8 d’essai).

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre Audi Q8, l’alternative à la côte Argus.

Ici, le restylage sert davantage de piqûre de rappel marketing que de réelle mise à jour technique. Le style n’a d’ailleurs quasiment pas bougé. Mis à part le dessin du bouclier avant, plus ajouré et un peu plus musclé (surtout visible sur le SQ8), les seules évolutions notables (et encore, de nuit) concernent les blocs optiques : à l’avant, les phares reçoivent la dernière évolution des phares Matrix Led, combinés au laser. Outre l’aspect cosmétique, la gestion automatique de l’éclairage est encore améliorée, plus fine. Idem à l’arrière, avec des feux Oled.

L’allure générale du Q8 reste donc strictement inchangée: un grand costaud relativement discret, toutes proportions gardées. A peine moins outrancier, visuellement, que ses congénères ? Pas moins encombrant en tout cas : 5 m de long, 2 m de large (les roues arrière directrices ne sont pas du luxe en manœuvre). Concernant les mécaniques, en revanche, le restylage s’est accompagné d’une grosse simplification de la gamme. Le Diesel disparait, et seuls restent en lice le V6 hybride PHEV de 462 ch (60 TFSIe) ainsi que le V8 4.0 TFSI du SQ8, moteur partagé avec ses cousins Porsche Cayenne, Bentley Bentayga et Lamborghini Urus. Le V8 TDI de 435 ch, qui équipait un temps le SQ8 à son lancement, a été mis en retraite. Quant aux adeptes de SUV extrêmes, le RSQ8 de 600 ch sera en principe reconduit. Si jamais les 507 ch de notre SQ8 ne suffisent pas…

 


ESSAI – Audi SQ8 restylé (2024) : le V8 joue du Black Metal

Roues arrière directrices et barres anti-roulis font du bon travail. Au-delà du comportement étonnament agile pour un tel mastodonte, le confort impressionne. Y compris au niveau acoustique : à rythme paisible, le V8 gronde tranquillement. Superbe !

Audi SQ8, au volant : un V8, c’est bon pour le moral

Avec la musique en prime, s’il vous plait. Ce moteur, bien connu, n’a pas bougé depuis ses débuts sous le capot du SQ8. Toujours 507 ch, et 770 Nm de couple maximal, ce qui est évidemment suffisant pour ébranler le très massif SQ8. Mieux que ça, en réalité : 4,1 s pour propulser de 0 à 100 km/h presque 2,3 tonnes, c’est du délire. Bien sûr, les concurrents affichent des chronos comparables (parfois plus brutaux). Mais un V8 de ce pedigree rend forcément bon public. Il impressionne dès le démarrage, d’un grondement de stentor devenu rare. Ça vient des entrailles, du cœur, autant que de l’échappement (pour une fois). On enroule, en souplesse, sur le couple et sans effort. Là, on profite d’un gros bloc tout en puissance contenue, servi par une boite calibrée comme il faut (Tiptronic 8 rapports). En douceur, facile, et toujours avec cette grosse voix de basse, métallique, qui patiente entre 1.500 et 2.000 tours.

Ensuite, sans demi-mesure, il convient de hausser le ton : voie dégagée, courbes rapides, tracé modérément vallonné (dont nous tairons la localisation précise, pas fou), et gaz. Comme prévu, le V8 biturbo s’éclaircit encore la voix et tonne, sans faiblir, jusqu’à 7.000 tours ! La poussée est sévère (dès 2.000 tours, régime de couple maxi), les relances jubilatoires (3,8 s de 80 à 120 km/h), mais pas brutales au point de faire du gros Q8 un « vrai » SUV sportif (en réalité, ça existe ?). Se prendre pour une supercar haut perchée (pas tant que ça : en Dynamic, il parait rivé au sol !), c’est plutôt le travail du RSQ8 ou d’un Cayenne Turbo… D’ailleurs, il y a même un peu de retenue dans ce SQ8, finalement, y compris en mode Dynamic. La boite est un peu plus réactive, mais pas suffisamment pour réellement tirer profit au maximum du remarquable potentiel de ce V8. Pour rappel, la Tiptronic n’est pas une boite double embrayage.

 

Extrait émission Turbo : Essai Audi SQ8, le plaisir interdit ?


ESSAI – Audi SQ8 restylé (2024) : le V8 joue du Black Metal

Sonorité rageuse et métallique accompagnent les chronos, quasi sportifs. La gestion de boite, policée, ainsi que le freinage (prévisible) rappellent l’esprit de la machine : le SQ8 n’est pas un athlète. Mais jusqu’à 7.000 trs/mn, c’est virulent.

On ne pouvait pas vraiment attendre autre chose, de toute manière. Le tempérament constamment maitrisé, gommant tout débordement, est inévitable : la moindre largesse ou début de permissivité se terminerait très souvent dans le rail de sécurité ou le fossé. Dans sa gestion, le Quattro privilégie l’efficacité, toujours. Côté châssis, barres anti-roulis actives et suspension pneumatique pilotée parviennent à un maintien de caisse assez bluffant. Peu de mouvements, même en conduite rapide, tant que l’on évite de le brusquer. Le confort devient bien un peu ferme en Dynamic, à faible allure, mais sans nuire au toucher de route, feutré à souhait. Voilà aussi une limite : on ne sait guère ce qu’il se passe réellement sous ses immenses roues de 23″, chaussées en 285/35. Le constat vaut aussi pour le freinage, bien mordant… trois fois, peut-être quatre, en cas de freinage appuyé à bon rythme. Pas vraiment fait pour ! Reste qu’un grand SUV de cet acabit, façon GT obèse, soit aussi agile et rapide, est perturbant.

A bord de l’Audi Q8 : une des dernières Audi de la grande époque ?

Toujours aussi vaste (autant pour les passagers que les bagages, avec 605 l de coffre), l’habitacle de l’Audi Q8 ne présente aucune réelle évolution, tout comme l’extérieur. Ce n’est pas un reproche, au contraire. Pour une fois, pas de surenchère de taille d’écrans ou de gadgets numériques… Le Q8 est déjà suffisamment doté en la matière ! Pour rappel, l’agencement de la planche de bord, articulé autour de deux écrans superposés (10,1″ et 8,6″) a été introduit sur les actuelles A6 et A8. Plutôt réussi visuellement, pas toujours simple en termes d’ergonomie, mais on s’y fait. Les commandes haptiques, sur l’écran inférieur dédié à la climatisation, est un bon compromis entre tout-tactile et boutons physiques… même si ces derniers seront toujours plus pratiques.

 


ESSAI – Audi SQ8 restylé (2024) : le V8 joue du Black Metal

Tiré à quatre épingles, l’habitacle du Q8 n’a pas bougé. Matériaux luxueux, fabrication soignée, ambiance sobre… de meilleur standing que les Audi actuelles !

On retient surtout du Q8 sa qualité de fabrication, et la finition millimétrée, sans reproche, à la manière des modèles qui ont contribué à l’image Audi en la matière. Hélas en régression, tant en assemblages qu’en matériaux, sur les réalisations les plus récentes. Mais dans un Q8, rien ne respire l’économie. Surtout pour un SQ8, pourvu de cuir étendu de premier choix et d’inserts décoratifs flatteurs, et surtout pas clinquants.

Audi SQ8, le budget : insolent, comme prévu

Est-ce réellement un problème ? Un Audi SQ8 demande 135.000 € minimum, saupoudré de notre malus national maximal de 60.000 €. Allez, on arrondit le tout à 200.000 €, carte grise et un peu d’assurance incluse. Ensuite, on pourra peut-être s’inquiéter de l’ordinateur de bord qui tourne autour de 21 l / 100 km de moyenne, il est vrai en profitant (modérément) des largesses de ce sensationnel V8. Mais généralement, dans ces sphères, il n’y a pas vraiment d’inquiétude de ce registre.

 

Titre fiche technique

FIche technique Audi Q8 restylé (2024)

Fiche technique

Modèle essayé : Audi SQ8 V8 4.0 TFSI 507 ch
Dimensions L x l x h 5,004 x 1,996 x 1,717 m
Volume mini / maxi du coffre 605 / 1.755 l
Empattement 2,998 m
Poids à vide 2.270 kg
Motorisation V8 essence, biturbo – 3.996 cm3
Puissance – couple maximal 507 ch à 5.500 trs/mn – 770 Nm à 2.000 trs/mn
0 à 100 km/h – vitesse maximale 4,1 s – 250 km/h
Consommation annoncée – relevée 12,8 l – 17 l / 100 km (conduite dynamique : 21 l)
Tarifs à partir de 135.000 €



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