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l’avenir du luxe pèse 3 tonnes et accélère comme une 911

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Comme prévu, le gigantesque SUV EQS aura bien droit aux mêmes privilèges que les modèles les plus élitistes de la gamme Mercedes. Le colosse électrique reçoit à son tour une déclinaison Maybach, dans une totale surenchère de raffinement et de performances. Les chiffres impressionnent autant que l’imposante machine intimide. Le permis poids-lourd n’est pas loin, les chronos sont athlétiques… Le meilleur du pire des mondes ?

Jadis constructeur à part entière, et sans doute l’un des plus prestigieux d’avant-guerre, Maybach fait désormais office de division d’ultra-luxe chez Mercedes. L’éphémère tentative de résurrection de la marque au début des années 2000 s’étant soldée par un relatif échec (trop confidentiel, trop cher), le double M entrelacé se retrouve donc accolé à l’étoile Mercedes. Uniquement sur les plus gros et luxueux modèles de la gamme, bien sûr. Après les Classe S et GLS, c’est donc au tour du EQS SUV (lui-même dérivé de la limousine EQS) d’arborer le prestigieux blason qui fleure bon l’âge d’or de l’automobile des années 30… où les monumentales Maybach de l’époque, et autres rivales Bugatti ou Rolls – Royce, flirtaient déjà avec les 3 tonnes. Tiens, un siècle plus tard, cela fait déjà un point commun.

Mercedes Maybach EQS SUV : voici le plus luxueux des colosses électriques

Entre limousine haut perchée et SUV en smoking

Cette imposante silhouette ne réserve pas vraiment de surprise. Annoncé par le concept découvert au salon de Munich à l’automne 2021, il reprend la base du EQS SUV « classique », pourvue des éléments de design spécifiques Maybach : la teinte de carrosserie en deux tons, l’imposante calandre (l’étoile n’est plus au centre, mais replacée au bout du capot, désormais l’apanage des modèles traditionnels chez Mercedes), les jantes de 22 pouces (21 de série) au dessin massif… autant que son gabarit, identique à celui du EQS SUV : 5,12 m de long, pour 1,96 m de large. Et curieusement, les contours paraissent étrangement fluides et équilibrés, de prime abord. On croirait presque à un gros break de chasse qui aurait grimpé de quelques centimètres (1,72 m de haut tout de même). On en prend pleinement la mesure en s’approchant, pour passer à bord : il est gigantesque !

L’essentiel du traitement Maybach se trouve logiquement dans l’habitacle, et de préférence aux places arrière. Le poste de conduite ne réserve pas de différence majeure d’agencement par rapport au SUV EQS « du peuple » (il faut bien le distinguer comme on peut), avec l’immense dalle Hyperscreen occupant toute la largeur (trois écrans, regroupés sur une dalle d’1,40 m). Mais le soin porté aux matériaux et la présentation est tout à fait exceptionnel : quasiment aucun plastique apparent, mais boiseries brutes et cuir Nappa étendu dans le moindre recoin. Tout est évidemment configurable à l’envi.

A l’arrière, c’est encore un autre univers. Du moins sur le modèle que nous avons à disposition, pourvu des deux fauteuils individuels optionnels, séparés par une imposante console centrale : on y trouve à peu près toutes les fonctions et réglages habituels, propres aux limousines conventionnelles. Sièges inclinables presque à l’horizontale, massage, compartiment réfrigéré… Là encore, ce sont surtout les matériaux, assemblages et finitions qui placent cet impressionnant salon dans le petit monde de l’ultra-luxe.

Au volant : le chauffeur travaillera avec 658 ch

L’apparition du logo Maybach s’accompagne aussi d’une nouvelle nomenclature : là où le EQS culmine à 544 ch en EQS 580, le Maybach toise la gamme en arborant un « 680 » sur le hayon. La surenchère se traduit sur la puissance maximale disponible, avec 658 ch et un couple encore plus délirant, limité à 950 Nm (pour préserver un minimum les trains roulants…). Cette avalanche de chiffres, assez vertigineux, était prévisible. Pour déplacer les quelques 2,9 tonnes en offrant des performances décentes (surréalistes dans l’absolu, au vu du poids : 4,4 s de 0 à 100 km/h), rien de vraiment surprenant. Bien sûr, un Tesla Model X Plaid sera autrement plus véloce. Mais à ce niveau de raffinement, la chasse aux chronos semble hors sujet.

Reste à savoir quelle distance tiendra réellement la batterie, en profitant des largesses de la cavalerie disponible. Comme toujours, les quelques 600 km d’autonomie annoncée sont tout à fait théoriques. Avec environ 108 kWh de capacité utile, cela correspondrait à une consommation moyenne d’environ… 18 kWh / 100 km. Réaliste, à condition de ne surtout pas s’attarder sur voie rapide, de faire preuve de retenue, et d’éviter de rouler en hiver. Enfin, rien de révolutionnaire concernant la recharge : on retrouve le système classique partagé avec les autres EQS, acceptant jusqu’à 200 kW en charge rapide DC, et 22 kW en courant alternatif.

Dernière inconnue, qui devrait être confirmée d’ici l’été : les tarifs, fatalement bien plus élevés que ceux du SUV EQS classique. Celui-ci s’affichant à 160.750 en EQS 580 de sommet de gamme, le cap des 200.000 € devrait être largement franchi. A titre de comparaison, un GLS 580 demande 141.000 €, à comparer aux 191.000 € d’un GLS 600 Maybach…   



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