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la voiture de l’année, pour moins cher ?

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La Fiat 600e n’est-elle qu’un simple SUV électrique de plus lâché sur nos routes ? La nouvelle italienne est un clone technique de plus du groupe Stellantis, et le look sympathique ne cache pas de grande révolution. La grande sœur de la 500e annonce toutefois quelques atouts très concrets. Autonomie, tarifs… et si les qualités routières de ses cousines sont préservées, tout devrait bien se passer.

Ressortir des cartons le nom de 600 était presque prévisible. Historiquement, la première 600 (1955) était une « grosse » 500. Dans les grandes lignes, une évolution plus familiale, appelée à connaitre dans la péninsule le même destin que notre 4 CV nationale. 70 ans plus tard, la 600 que l’on découvre aujourd’hui occupe une place comparable dans une famille Fiat désormais complète. La 600e est donc à la 500e ce que la 500X est à la 500 thermique classique : son pendant « routier », un plus polyvalent. A l’instar de cette dernière, en fin de carrière, la 600e remplacera rapidement la 500X, plus toute jeune (elle remonte à 2014). Notons que la 600 existera aussi en une version thermique à micro-hybridation, confirmée pour une arrivée en France début 2024. D’ici là, électrification oblige, la primeur est à l’électrique.   

 

Plus rien à voir, on s’en doute, avec le gabarit de la 600 originelle (3,20 m de long !). La 600 est devenue un petit crossover de 4,17 m de long (9 cm plus court que la 500X), relativement haut perché (1,52 m de haut). Au moins, on ne s’aperçoit pas tout de suite qu’elle hérite des dessous des Peugeot e-2008 (4,30 m), Jeep Avenger (4,08 m), DS 3 Crossback E-Tense (4,12 m) ou Opel Mokka-e (4,15 m). Les clones se suivent et ne se ressemblent pas, chez Stellantis. Dans la veine de la très charismatique 500 électrique, la 600e a donc un certain sens du style : la face avant en reprend le dessin des optiques, les détails sont soignés avec force clins d’œil et rappels… le curseur de l’italianité est poussé au maximum !

A bord : 500 des familles

L’habitacle, dans le même esprit, reprend la présentation de la 500e. Le cockpit ne manque pas de charme : la planche de bord à l’horizontale est épurée et colorée, la sellerie reprend le logo Fiat en grand format, l’ergonomie est claire et nette. Sous le large écran (de série, même sur la version de base Red), on trouve toujours de vrais boutons pour la ventilation.

 


ESSAI – Fiat 600e (2023) : la voiture de l’année, mais pour moins cher

L’écran d’instrumentation (7 pouces) est clair et lisible, l’interface média facile à aborder et l’ergonomie simple : on trouve encore de vrais boutons ! L’ambiance inspirée de la 500 est chaleureuse, mais les matériaux sont basiques.

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre Fiat 600, l’alternative à la côte Argus.

C’est du sérieux, dans l’ensemble. Les matériaux sont basiques (quasi exclusivement des plastiques durs) mais les assemblages sérieux et l’ensemble parait plutôt robuste. On retrouve sans surprise bon nombre d’éléments communs aux autres modèles du groupe germano-italo-franco-américain (commandes, boutons). Par exemple, à l’instar du Jeep Avenger dont elle reprend en partie la console centrale, les rangements sont vastes et faciles d’accès. Pas extraordinaire, en revanche, ce cache en plastique pliant un peu léger qui couvre le vide-poches au pied de la planche de bord…

L’espace à bord, logiquement modeste pour un petit SUV, est tout de même très convenable compte tenu du gabarit. L’empattement, identique à celui du Jeep Avenger (2,56 m), réserve suffisamment de place pour deux adultes (pas trois, inévitablement gênés aux entournures). Côté bagages, le porte-à-faux arrière, allongé par rapport à ses cousines du groupe, permet d’augmenter le volume de coffre à la marge. 360 l, soit 10 l de plus qu’une DS 3 Crossback E-Tense. Toujours ça de pris : c’est modeste, mais suffisant pour quelques bagages légers… et les câbles de charge. Le double fond permet heureusement de faire place nette, mais un « frunk » sous le capot avant serait évidemment plus pratique. Petite lacune fréquente, sur les autos dont la plate-forme n’est pas dédiée à une architecture 100 % électrique.

 


ESSAI – Fiat 600e (2023) : la voiture de l’année, mais pour moins cher

La batterie de 54 kWh permet une autonomie convenable, à condition de rester à l’écart des voies rapides : en parcours mixte, on peut sans peine prévoir 330 km. Pas miraculeux, mais les consommations sont relativement contenues (16 kWh / 100 km relvés).

Sur la route : le confort d’abord

Comme prévu, les premiers tours de roues ne réservent guère de surprise. Rien de désagréable en tout cas : en reprenant la base technique eCMP2 commune aux petits modèles électriques Stellantis, la Fiat 600 hérite donc de trains roulants dérivés du… Peugeot 2008, sans doute référence du genre en matière de comportement. Pour autant, le ressenti au volant n’offre pas un copié-collé du châssis de la française. Moins affuté, le train avant n’offre pas le même mordant : la faute à une direction qui manque de consistance (il y a du mieux en mode Sport) et la suspension un peu plus souple, notamment sur les changements d’appui. Pas au point de nuire à l’équilibre globalement serein. La monte pneumatique modeste sur la version de base Red (16 pouces, rien d’excessif pour une fois !) contribue aussi à ce feeling feutré. La 600e est donc une auto confortable et agile, à défaut d’être particulièrement enthousiasmante à mener.

La partie mécanique commence à être bien connue : la 600e reçoit la dernière évolution en date du groupe motopropulseur Stellantis, dernièrement essayée sur le e-2008 restylé. On dispose donc de 156 ch en mode Sport (136 ch en Normal), de bonne volonté et amplement suffisants pour délivrer des chronos énergiques. Pied au plancher, le train avant encaisse correctement le couple (260 Nm), plutôt généreux. On en profite surtout lorsqu’il s’agit de se faufiler dans le trafic, en conduite urbaine ou sur un périphérique de Turin un rien fébrile. Fiat promet 4,4 s pour accélérer de 0 à… 50 km/h. C’est tout de suite plus spectaculaire que les 9 s pour passer de 0 à 100 km/h. Chrono tout à fait honnête, cela dit.

 


ESSAI – Fiat 600e (2023) : la voiture de l’année, mais pour moins cher

Les performances sont correctes, la douceur de marche appréciable et l’agrément général de très bon niveau : la Fiat 600e partage les dessous du Peugeot e-2008, notamment. Ici, les réglages sont davantage typés confort.

Consommation, recharge : bon élève, sans sortir du lot

A la borne, rien de spectaculaire ou de vraiment nouveau : on retrouve les mêmes capacités de charge que ses cousines, à savoir 100 kW sur chargeur rapide Combo CCS (soit un peu moins de 30 mn pour passer de 20 à 80 %) et 11 kW en charge AC type 2 (environ 5h30).

On gardera le pied léger, pour préserver la batterie de 54 kWh (capacité brute, là encore identique à celle des autres modèles Stellantis) et espérer atteindre l’autonomie promise sur la fiche technique. On oublie vite, évidemment, le très publicitaire « 600 km en Fiat 600 » sur une charge ! Les chiffres sont magiques, quand on ne dit pas tout… En ville, éventuellement, on pourrait l’envisager en évoluant entre 20 et 50 km/h, avec une conduite frisant le militantisme et en restant au maximum en mode B, pour accentuer le frein moteur. Ce qui permet, au passage, d’atténuer le désagréable manque de consistance et les variations de la pédale de frein.

Plus réaliste, l’autonomie de 409 km en parcours mixte correspondrait à une consommation moyenne d’environ 12,5 kWh / 100 km. En pratique, on est encore loin du compte : nous avons relevé 16 kWh / 100 km de moyenne lors de notre essai, sans retenue particulière, soit une autonomie d’environ 330 km. Suffisant pour permettre une polyvalence assez intéressante, toutefois. Sauf sur voie rapide, sans surprise. La moindre escapade sur autoroute fera vite baisser la jauge (à 130 km/h, on grimpe facilement à 20 kWh / 100 km).

 


ESSAI – Fiat 600e (2023) : la voiture de l’année, mais pour moins cher

Longue de 4,17 m, la Fiat 600e est plus courte que le 2008 mais un peu plus longue que le Jeep Avenger. Les prestations se rapprochent de ce dernier… à des tarifs plus doux.

Tarifs et concurrence

En débutant à 35.900 € en finition d’accès Red (donc 30.900 € après bonus), la Fiat 600e est le plus abordable des petits SUV urbains Stellantis (qui représentent le plus gros de la concurrence). C’est toujours plus cher que le quasi-imbattable MG ZS, un peu plus grand (4,32 m), qui démarre à 32.990 € avec une batterie de 51 kWh. Mais les prestations générales, les qualités routières notamment, sont autrement plus abouties et modernes au volant de l’italienne.

Notons qu’à ce tarif, l’équipement n’est pas indigent : l’écran central de 10,25 pouces avec interface média (Apple Carplay et Android), le radar de recul, la clim’ auto, les phares à Leds sont de série. La finition supérieure La Prima (40.900 €) ajoute les jantes de 18 pouces, les sièges chauffants (électrique et massant côté conducteur), la caméra de recul ou encore le hayon électrique.

 

Titre fiche technique

FIche technique Fiat 600e (2023)

Fiche technique

Modèle essayé : Fiat 600e Red
Dimensions L x l x h 4,17 x 1,78 x 1,52 m
Volume mini du coffre 360 l
Empattement 2,56 m
Poids à vide 1.520 kg
Puissance – couple maximal 156 ch – 260 Nm
0 à 100 km/h – vitesse maximale 9 s – 150 km/h
Autonomie mixte annoncée – relevée 409 km – 330 km
Capacité Batterie (brute) 54 kWh
Puissance recharge DC : 100 kW – AC : 11 kW



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