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Grève dans les raffineries, « il n’y aura pas de pénurie, à moins que… »

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Les syndicats appellent à la grève dans les raffineries à partir de lundi prochain, anticipant de quelques heures le mouvement de protestation contre la réforme des retraites. Le spectre de l’automne dernier ressurgit. Carburants rares, pompes prises d’assaut, embouteillages aux abords des stations-service. La pénurie est-elle à craindre ?

Les prix vont-ils exploser ? Les réponses d’Olivier Gantois, le patron de l’ Union Française des Industries Pétrolières Énergies et Mobilités (UFIP EM) et porte-parole des pétroliers français.

Grève dans les raffineries, interview d’Olivier Gantois

Allons-nous nous retrouver dans la même situation qu’à l’automne dernier ?

Olivier Gantois : Non, nous sommes dans une bien meilleure situation qu’au mois d’octobre dernier. À l’époque, les grèves faisaient suite aux remises exceptionnelles mises en place par l’État et par certains distributeurs, et donc, les stocks avaient déjà considérablement baissé. À présent, en prévision de mouvements sociaux annoncés, les distributeurs pétroliers se sont mis en situation de stock maximum et ça nous permet d’aborder la semaine prochaine avec une situation de départ bien meilleure qu’en octobre dernier.

Les automobilistes ont-ils déjà anticipé cette grève ?

Olivier Gantois : Nous n’avons pas vu d’achats dits « de précaution ».

Combien de temps peut-on tenir ?

Olivier Gantois : Je ne peux pas donner le nombre de jours maximum que les stations pourraient tenir avant la rupture. Pourquoi ? Parce que nous sommes face à trois inconnues. Combien de raffineries vont faire grève sur les huit que comptent le pays ? Combien de personnes seront en grève dans chacune de ces raffineries pour savoir si ça ne va impacter que les expéditions de carburants ou la marche des unités de production ? Et enfin, combien de jours durera la grève ?

Ce qui est certain – c’est un peu risqué de dire ça – c’est que si les clients se précipitent en station-service parce qu’ils ont peur de manquer, là, la station-service ne tient pas une journée. Je ne sais pas s’il faut le dire, mais je le dis quand même, ne vous précipitez pas en station ! En clair, ceux qui vont tous les jours en station ou deux fois par semaine, ils sont obligés. Mais pour ceux qui y vont une fois par mois, une fois tous les deux mois, ceux qui roulent pas beaucoup, c’est mieux de ne pas aller remplir son réservoir tout à coup. 

Peut-on craindre une augmentation ?

Olivier Gantois : Sans doute pas. Ça fait trois mois que le prix du baril s’est stabilisé entre 80 et 85 dollars, à cause de la guerre en Ukraine, de l’activité économique qui ne redémarre pas vraiment en Chine, de l’OPEP qui continue de réguler sa production et il y a peu de raisons objectives de voir les cours augmenter.



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