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ESSAI – On a déjà conduit la future Renault 5 électrique, mais elle ressemblait à une Clio 5

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C’est à Arvidsjaur, au nord de la Suède que nous avons eu la chance de prendre un premier contact avec la future R5 électrique. Ou tout du moins, sa plateforme. En effet, ne parlons pas vraiment d’essai mais plutôt de prise en main puisqu’il ne s’agit que de mulets d’essais qui nous ont été dévoilés, mais c’est suffisant pour se faire une idée. Récit d’une journée pas comme les autres avec la future star de chez Renault.

Paris, 8h30. Nous partons pour Stockholm avec les équipes de Renault. Rapide escale avant de poursuivre jusqu’à la ville de Lulea, bien plus au Nord, en Laponie suédoise. Comme la légende du pays du père Noël le laisse croire, il y fait très froid. Et c’est justement cela que nous allons chercher. Notre périple se termine en fait à Arvidsjaur, à environ 100 kilomètres du cercle polaire Arctique, sur les installations de Continental. Après une journée complète dans les transports, nous arrivons dans ce petit village qui ne compte que quelques petits milliers d’habitants. A 16h35, il fait déjà nuit noir et surtout près de -15 degrés. C’est ce genre de température que Renault est venue chercher pour mettre à l’épreuve ses futurs modèles, dont la R5 en ce moment. L’idée est de la confronter au froid et aux surfaces à faibles adhérence pour pouvoir ajuster son développement, corriger quelques défauts… Bref, l’optimiser pour qu’elle soit la citadine électrique que Renault et les clients attendent : un best-seller.

Après une rapide présentation des lieux et du programme, on rentre dans le dur. C’est là qu’on en apprend davantage sur cet endroit assez secret et sur la voiture en elle-même. Enfin la voiture. Parlons plutôt de mulets d’essai puisqu’il ne s’agit même pas d’un prototype à la carrosserie maquillée et camouflée, mais d’une plateforme de future Renault 5, recouverte d’une carrosserie de Renault Clio 5, avec quelques légères modifications. Mais en-dessous, c’est une autre histoire.


Renault 5 électrique prototype

Sur la glace, la plateforme de la future R5 de Renault est mise à rude épreuve.

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre Renault R5, l’alternative à la côte Argus.

Toute nouvelle plate-forme

Si nous avions déjà quelques informations au sujet de cette R5 électrique, nous en avons désormais plus. Rappelons d’abord que sa plateforme est inédite : il s’agit de la CMF-B EV. Bien évidemment, celle-ci a beaucoup de points communs (70% des composants) avec la CMF-B « classique » sur laquelle reposent les Renault Captur et Clio. Mais elle doit en revanche offrir les avantages d’une plateforme 100% électrique. Bien entendu, il s’agit d’une plateforme modulaire dont l’empattement, la taille de la batterie, la largeur des voies et la taille des roues peut évoluer. Voilà qui sous-entend que d’autres modèles similaires à la R5, mais sur d’autres segments, viendront s’ajouter à la gamme dans la foulée. Cette nouvelle plateforme possède déjà les nouvelles batteries de la R5, ainsi que le moteur synchrone à rotor bobiné et le système de freinage.

On vous le disait, tout ce qui se voit est une Clio. Mais en-dessous, c’est bien la nouvelle R5, qui est toutefois encore en cours de développement. En ce qui concerne la batterie, celle-ci est également toute nouvelle : fini le pack à 12 petits modules comme sur la Zoé, désormais il faut compter sur 4 plus gros modules. Voilà qui offre à l’ensemble une deuxième casquette en plus de celle de fournir de l’électricité : rigidifier l’ensemble et offrir un peu d’isolation acoustique. Astucieux ! Pour le moteur, il a été retravaillé pour devenir plus compact, mais est toujours capable de redonner ses calories au système de régulation de la température de la batterie. En revanche, on ne sait pas quelle puissance il fera exactement, même si nous ne prenons pas trop de risque en avançant qu’il fera entre 100 et 160 chevaux.


Renault 5 électrique prototype

L’intérieur mélange des éléments de Clio, de Mégane E-Tech et d’Australe… Certains éléments seront assurément conservés pour la version de série.

Mieux que la Zoé, et mieux que la concurrence ?

Sans surprise, Renault affirme que la R5 sera mieux que la Zoé. Et ce n’est pas tout : la firme française veut que la toute nouvelle R5 soit la plus compétitive du marché, tant en termes de prix de vente que de performances, voire d’efficience. Les chiffres annoncés témoignent de cette ambition : 30% de baisse des coûts de production par rapport à la Renault Zoé, régime de 35 kg, dont 20 kg évités simplement grâce à un redimensionnement du moteur pour qu’il puisse s’intégrer dans une petite plateforme.

Pour cela, elle emprunte donc 70% de ces composants à la plateforme CMF-B (une plateforme plus qu’éprouvée car vendue à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde), et même quelques petits détails à la Mégane E-TECH. D’ailleurs, c’est un peu elle qui a inspiré la R5 en termes de performances : on retrouve donc la direction assez sensibles et précise, le même compresseur de climatisation et un essieu arrière multi-bras, ce qui est une grande première dans le segment.

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Renault 5 électrique prototype

Evidemment, la présence d’une prise de recharge à l’avant est inédit pour une « Clio ». Mais cela ira bien à la R5 Electric.

Direction le froid, au volant

Maintenant qu’on connaît tout ce qu’on a à connaître sur la future R5 électrique, il est temps d’aller découvrir ces Clio pas comme les autres. Il est 8h30, il fait -13 degrés et nous sommes toujours dans la région des 1000 lacs. Justement, direction l’un des plus grands lacs du secteur, chez Continental (qui est partenaire de Renault pour développer la voiture), sur lequel nous attendent deux prototypes. Pas de surprise, nous étions prévenus, ce sont bien des Clio 5 en apparence, respectivement nommées ECHO 1 et ECHO 2. La différence réside dans leurs entrailles : l’un d’eux a été remis dans son état d’origine à son arrivée en Laponie, l’autre bénéficie de toutes les optimisations et autres réglages qui ont été fait lors des essais « grand-froid » qui ont débuté cet hiver. Pour faire simple, l’un est plus efficace que l’autre. Et heureusement.

Sur ce lac, on retrouve trois exercices assez classiques pour les essais sur les surfaces à faible adhérences dont un évitement avec un parcours dessiné avec des cônes, un slalom et une courbe « pif-paf », suivie d’une grande courbe dans le sens opposé. On enchaîne chacun des exercices, avec l’une puis l’autre voiture, afin de se rendre compte. Pas de surprise, le prototype « mappé » pour l’hiver offre des vitesses de passage plus élevées et un meilleur contrôle de la voiture. Tout particulièrement dans le slalom.


Renault 5 électrique prototype

A l’arrière, on peut voir que l’empattement est vraiment différent de celui d’une Clio : le bouclier arrière est un peu loin de la roue.

Déjà des sensations de R5 ?

Derrière leurs airs de Clio 5, ces mulets offrent bien les sensations de la future citadine 100% électrique de Renault. En effet, c’est bien la plateforme, le châssis, le groupe motopropulseur qui donnent les sensations et un certain « feeling ». Mais il faut reconnaître que la neige, voire un lac gelé, ce ne sont pas les conditions idéales pour ressentir de nouvelles choses à bord d’une voiture. Néanmoins, on remarque que l’auto semble vraiment plus agile qu’une véritable Clio. La direction offre un bon ressenti, même si la neige.

Même à 60-70 km/h, en essayant de faire de grandes embardées sur la neige, l’auto ne part pas en tête-à-queue. Un tout petit coup de volant, sans même lâcher la pédale de gaz, et l’auto se remet dans le droit chemin. C’est simple comme bonjour, même pour les conducteurs les moins expérimentés sur la neige.  C’est d’autant plus vrai avec la voiture qui a subi quelques modifications de la cartographie et du freinage. Mais encore une fois, c’est rassurant.


Renault 5 électrique prototype

De profil, lorsque ce prototype roule sur la glace, on pourrait vraiment penser qu’il ne s’agit ni plus ni moins d’une Clio 5.

Freinage : le test ultime

Ultime test pour imager les bienfaits des modifications faites par les ingénieurs Renault lors de cette période d’essais hivernaux, le freinage asymétrique. En résumé, une ligne droite bien enneigée se termine par un tronçon séparé en deux dans le sens de la longueur : un côté macadam, l’autre glace. Voilà qui permet de tester le freinage d’urgence avec deux roues sur une surface à forte adhérence et les deux autres sur une surface à très faible adhérence. Sans systèmes spécifiques, n’importe quelle auto ne pourrait pas freiner ainsi sans partir en tête-à-queue.

Lancé à 90 km/h, il faut donc taper dans les freins le plus fort possible une fois que les deux roues d’un même côté sont sur le macadam. A l’intérieur, il faut rapidement corriger la direction avec le volant, mais cela se fait très intuitivement et sans trop de difficulté avec l’une comme avec l’autre. En revanche, un système de cônes à l’arrivée permet de visualiser à quel niveau les différents prototypes s’arrêtent. Et sans surprise, la version la plus optimisée est devant d’au moins deux cônes, soit environ 10 mètres. C’est assez impressionnant, surtout si cela permet tôt ou tard d’éviter un accident.


Renault 5 électrique prototype

Derrière les jantes, on retrouve d’ores-et-déjà le système de freinage de la R5 qui est justement en train d’être mis au point.



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