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ESSAI – Mercedes CLE (2024) : Coupé haute couture

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Tout ne se résume pas aux crossovers et SUV, dans notre paysage automobile des années 2020. Même si les autos typées passion se font rares, certaines entretiennent encore une certaine idée de l’élégance sur 4 roues. Le nouveau coupé Mercedes CLE en fait partie. Espérons que ses talents en mouvement sont à la hauteur de l’enrobage.

Un vrai coupé, c’est ça ! A toutes fins utiles et sans jouer sur les mots, rappelons qu’un coupé présente 2 portes, un profil bas, et qu’un GLE Coupé ou autre BMW X6 n’entre certainement pas dans cette catégorie. Il faut dire que les services marketing de divers constructeurs ont entretenu la confusion, et que les coupés 4 places classiques se sont fait rares, depuis quelques temps. Plus de Peugeot 406 ou 407 coupé, ni de Laguna… Ni d’Opel Calibra ou Volkswagen Corrado, en cherchant plus loin. Même les généralistes y allaient de leur 2 portes racée, généralement dérivée d’une berline familiale (donc relativement accessible).

 


ESSAI – Mercedes CLE (2024) : Coupé haute couture

Le CLE est un peu plus long que l’ancien coupé Classe E (+15 mm), mais le style se place dans la lignée de la Classe C (décrochement du montant arrière, face avant…).

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre Mercedes CLE, l’alternative à la côte Argus.

Les préoccupations ont changé (les stratégies aussi), et exception faite des modèles élitistes du sommet de la hiérarchie automobile (Porsche 911 ou autres Mercedes AMG GT), seuls les trois constructeurs premium allemands conservent des coupés « grand public » dans leur gamme : le Mercedes CLE se place ainsi face aux BMW Série 4 et Audi A5, respectivement dérivées des Série 3 et A4. Particularité propre à Mercedes, qui entretenait deux coupés dans sa gamme « intermédiaire » depuis la W204 (coupé lancé en 2011), le CLE remplace à la fois les Coupé Classe C et Classe E. Plus pragmatique, compte tenu de la demande réduite… Ces coupés chics et de bon goût (en général) sont presque devenus une niche confidentielle.

Sans se pâmer devant ce CLE, reconnaissons-lui objectivement une sacrée prestance. On peut lui préférer la carrure plus athlétique d’une Série 4, ou le dessin plus conventionnel et discret d’une A5. A peine plus grand qu’un coupé Classe E (de 15 mm), le CLE s’étire sur 4,85 m de long et 1,86 m de large. Il fait profil bas (1,42 m), bien campé visuellement et élancé : la ligne de toit d’un seul tenant rappelle un coupé fastback, les passages de roues sont légèrement renflés, la partie avant musculeuse marque même une parenté avec le spectaculaire AMG GT… Le charisme est là.

 


ESSAI – Mercedes CLE (2024) : Coupé haute couture

L’habitacle est repris de la Classe C. La techno embarquée impressionne, la présentation en jette… mais la finition inégale déçoit à ce niveau. Trop de plastiques fragiles et assemblages dénotent.

A bord du Mercedes CLE Coupé : calqué sur la Classe C, pour le meilleur et le moins bon

Techniquement, l’auto est évidemment bien plus sage : le CLE est développé sur la plate-forme des Classe C et Classe E (désormais en partie commune), et se rapproche davantage de la première pour la partie châssis ainsi que l’habitacle. La planche de bord est reprise telle quelle de la berline, composée du grand écran central (11,9″) du système MBUX (excellente réactivité et superbes graphismes) et d’un écran de 12,3″ dédié à l’instrumentation.

L’ensemble présente bien : la partie haute est travaillée, pourvue de cuir étendu et de motifs façon alu plutôt valorisants, mais ne parvient pas à masquer des couacs de finition malvenus à ce niveau de gamme (et de prix). Plastiques durs sur la plupart des éléments bas, assemblages aléatoires et parfois fragiles (garniture autour de la colonne de direction mal fixée sur certains modèles, agrafage de moquettes bâclé)… Quelques éléments jurent particulièrement, à l’instar du bras escamotable qui vous tend la ceinture (durée de vie estimée : 6 mois ?) ou de la vulgaire barre métallique d’ancrage de ceinture (boulonnée au pied du montant central). A plus de 66.000 € en prix d’appel, ça ne passe pas (et les rivales font mieux). Mercedes aurait-il mis le paquet sur la techno embarquée, certes remarquablement aboutie (quoique l’ergonomie n’est pas toujours simple), au détriment de détails peu soignés ?

 


ESSAI – Mercedes CLE (2024) : Coupé haute couture

Le grand éctran central du MBUX regroupe quasiment toutes les fonctions, y compris la ventilation. L’arborescence est un peu complexe de prime abord, mais on s’y fait (et on peut facilement couper les alertes envahissantes !).

Pour autant, voyager à bord du CLE n’a rien d’un calvaire. Même à l’arrière : peu accessible et bas de plafond pour des adultes, le dossier est un peu trop vertical, mais l’espace aux jambes est plutôt correct pour un coupé de cette vocation. Comme tous les coupés de ce créneau, le CLE se vit de préférence à deux. Aucun problème pour engloutir les bagages, pour un départ en week-end (ou plus). L’ouverture de la malle est étroite mais le volume est généreux (420 l) et la longueur suffisante pour y loger deux sacs de golf en longueur. Critère crucial ! Pas certain que l’hybride PHEV, attendu en fin d’année, préserve cette possibilité avec son encombrante batterie. Le CLE sera alors le seul coupé hybride plug-in du marché.

Au volant du Mercedes CLE Coupé : sage confort bourgeois

Surprise : contrairement à la Classe C qui ne dispose que de mécaniques 4 cylindres, le CLE propose le 6 cylindres essence de 3 litres emprunté à la Classe E sur le CLE 450. Doté d’une micro-hybridation 48V (comme tous les moteurs de la gamme), il développe 381 ch et délivre les chronos que l’on attend d’un coupé typé GT (4,4 s de 0 à 100 km/h). Hélas, le malus français (174 g : 13.014 € !) invite à se pencher sur des motorisations plus modestes (ou songer au futur CLE 53 AMG de 449 ch, quitte à payer le prix fort).

 


ESSAI – Mercedes CLE (2024) : Coupé haute couture

Habitacle reculé, long capot et passages de roues galbés : le CLE assume de faux airs d’AMG GT ! Ici, rien de sportif évidemment, même si le comportement se montre agile et efficace, du moins avec les roues arrière directrices (2.350 €).

En version de base, le petit bloc 2 l du CLE 200 assure déjà une entrée en matière intéressante (204 ch). Pas fulgurant (0 à 100 km/h en 7,4 s), mais sobre et plutôt agréable, il délivre une douceur appréciable. Là encore, pas un modèle de rapidité, mais le confort de marche est de bon niveau et la micro-hybridation se fait oublier. Assez efficace d’ailleurs, vu que la consommation s’est cantonnée à 8 l / 100 km sur notre essai mené bon train. Tout irait bien si sa sonorité métallique ne s’apparentait pas à un vulgaire Diesel ! Trop bruyant, par ailleurs, en fortes accélérations… fréquentes pour obtenir des relances correctes, malgré le « boost » du petit moteur électrique (transparent à l’usage, heureusement).

Quant à jouer l’économie, le Diesel 220d (197 ch) parait mieux calibré pour emmener le CLE. Plus discret que le 200 essence, et plus rond dans son fonctionnement, un comble ! Les performances ne sont guère plus énergiques, sauf en relances où les 440 Nm de couple déplacent sans peine ses 1.870 kg… On retient surtout son appétit remarquablement bas : 6,5 l/100 km de moyenne, vu le rythme et le tracé vallonné de notre essai, est un excellent score. Voilà qui s’accorde bien à la définition de voyageur confortable du CLE… qui mériterait toutefois, vu sa stature, un minimum de caractère mécanique.

 


ESSAI – Mercedes CLE (2024) : Coupé haute couture

Le confort est de haut niveau, malgré les grosses jantes de 20 pouces. Mais la suspension pilotée est trop souple en Confort, générant des mouvements peu agréables. Restons en Sport, plus raide mais loin d’être invivable.

Dès lors, le 300 essence assure un intéressant compromis : ce moteur partage la même base que son petit frère 200 (2 litres, micro-hybridation 48V), délivre une puissance confortable (258 ch + boost électrique ponctuel de 23 ch) et surtout fait preuve d’un tempérament bien plus sympathique. La sonorité n’a pas la noblesse d’un 6 cylindres mais le grondement (artificiellement travaillé) est plaisant, la boite 9 G-Tronic est bien gérée (tout en douceur malgré de légers à-coups à faible allure, liés à la micro-hybridation) et les chronos sont presque sportifs (6,2 s de 0 à 100 km/h). Le CLE 300 est surtout moins onéreux et moins pénalisé en malus que le 450 (4.026 € minimum tout de même). Il est en revanche bien plus gourmand, dès qu’on le sollicite fortement, et descend difficilement sous les 10 l.

De dynamique, le CLE n’a de toute manière guère de prétention. Il est lourd, la position de conduite est un peu haute, la direction est souvent bien légère et le toucher de la pédale de freins totalement gommé. C’est dommage : le ressenti a beau être totalement déconnecté de la route, le CLE profite pourtant d’un châssis efficace, et se comporte en bonne propulsion équilibrée. Le Pack Technique (2.350 €) apporte suspension pilotée et roues arrière directrices. Intéressant, l’agilité en profite. On vire presque à plat ! De même, les mouvements de caisse sont contenus à bonne allure… tant que l’on reste en mode Sport, paradoxalement le plus facile à vivre ! Un peu ferme à vitesse modérée, certes, mais rien de méchant. Et toujours mieux que les réglages trop souples de suspension en mode Confort, qui génèrent pompages et rebonds peu engageants. Parti pris curieux pour les liaisons au sol, sans juste milieu.

 


ESSAI – Mercedes CLE (2024) : Coupé haute couture

Les quatre moteurs disponibles sont dotés d’une micro-hybridation 48V. Imperceptible à l’usage, et plutôt efficace à la pompe surtout avec le Diesel 220d (197 ch), très sobre.

Tarifs Mercedes CLE Coupé : politique du tout compris

Comme toujours, un coupé Mercedes se mérite. Même l’entrée de gamme CLE 200 est onéreuse : 66.300 € minimum, et les tarifs grimpent vite. 68.150 € en CLE 220d, 69.150 € en 300 et 77.800 € pour le 450 de sommet de gamme (ces deux derniers sont pourvus d’office de la transmission intégrale 4Matic). En revanche, notons qu’une seule finition est proposée (AMG Line), dotée d’un équipement très complet (caméra de recul, interface média, sièges chauffants…). Certains raffinements restent en option, comme le Pack Technique cité plus haut, ou le très réussi système audio 3D Burmester, avec son Dolby Atmos 360°. Spectaculaire, mais facturé 1.350 €.

En face, les deux rivales sont plus mesurées dans leurs tarifs : une BMW 420i M Sport par exemple (57.950 €, 184 ch), est moins onéreuse à équipement équivalent, offre de meilleures prestations dynamiques et une qualité générale de meilleur niveau. Idem pour une Audi A5 40 TFSI (59.910 €, 204 ch), en fin de carrière mais loin d’être datée (et mieux construite, là aussi).

 

Titre fiche technique

FIche technique Mercedes CLE (2024)

Fiche technique

Modèle essayé : Mercedes CLE 300 4Matic
Dimensions L x l x h 4,850 x 1,861 x 1,423 m
Volume mini du coffre 420 l
Empattement 2,865 m
Poids à vide 1.855 kg
Motorisation 4 cylindres essence, Turbo – 1.999 cm3 + micro-hybridation 48V
Puissance / couple maximal 258 ch (+23 ch électrique) / 400 Nm
0 à 100 km/h – Vitesse maximale 6,2 s – 250 km/h
Consommation mixte annoncée – relevée 7,6 l / 100 km – 9 l
Tarifs à partir de 66.300 € (modèle essayé : 69.150 €)



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