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ESSAI – La Porsche Cayman GT4 RS avec du E-Fuel sur la glace

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Si les discussions sur les moteurs thermiques et leur abolition après 2035 sont au cœur des débats, Porsche a déjà son idée en tête. Mais, conscient que les blocs à essence tels qu’on les connaît vont devoir évoluer, la firme de Stuttgart met le paquet sur les carburants de synthèses. Nous avons justement déjà pu essayer cette technologie à bord du Cayman GT4 RS… sur la glace !

Les moteurs thermiques ne sont pas morts. Loin de là. Et Porsche compte bien nous le prouver. C’est justement le but de cette escapade sur le circuit de glace de Val Thorens pendant laquelle nous avons pu prendre le volant de Porsche Cayman GT4 RS qui boivent du carburant de synthèse, également appelé E-Fuel. En résumé, ces carburants remplacent l’essence SP98 que l’on connaît. Ils constituent LA solution selon Porsche (et le gouvernement allemand qui s’opposent à l’interdiction pure et simple de la vente de moteurs thermique après 2035), et c’est justement pour cela que nos voisins d’outre-Rhin demandent des garanties à l’Union Européenne. Pour concevoir ce carburant neutre en CO2, il faut isoler de l’hydrogène à l’aide d’une électrolyse de l’eau, avant de l’associer à du C02 capté dans l’atmosphère et de le raffiner à travers un procédé plus complexe et en grande partie secret.

Ainsi, Porsche créé un électro-carburant qui a consommé du C02 dans l’air avant d’en émettre à nouveau au moment de la combustion (voire légèrement moins que les carburants conventionnels selon certaines sources). D’où leur appellation de carburant « neutre en carbone ». Evidemment, l’énergie utilisée pour réaliser l’électrolyse et isoler l’hydrogène est issue d’un parc éolien, afin de s’assurer de la « propreté » de ce carburant. Avec ce nouveau carburant, qui devrait coûter moins de 2 dollars le litre selon Porsche, la firme allemande pense faire perdurer (un peu) les moteurs thermiques, sur les routes et les circuits. D’un autre côté, Porsche n’oublie pas pour autant le 100% électrique et nous l’a bien fait comprendre en nous emmenant jusqu’au circuit de glace en Taycan, la première auto « zéro émission » de la marque.


Porsche Cayman GT4 RS E-Fuel

Au cas où on l’oublierait, ces GT4 RS roulent au E-Fuel.

Bon à savoir : anticiper l’achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre Porsche Cayman, l’alternative à la côte Argus.

La glace et les clous

Maintenant que le décor est planté pour ce qui concerne la boisson du jour, passons à notre étalon. Déjà essayé dans des conditions plus normale, le Cayman GT4 RS que nous avons entre les mains est aujourd’hui équipé de pneus cloutés. Et quels clous ! Autant dire que vous n’avez pas envie de vous faire rouler sur le bout du pied, au risque de perdre un orteil. Sous le capot, on retrouve le même bloc que sous celui de la 911 GT3 : un Flat-6 atmosphérique de 4,0 litres qui développe « seulement » 500 chevaux (contre 510 dans la GT3), et permet théoriquement d’avaler le 0 à 100 km/h en seulement 3,4 secondes. Oui, théoriquement, puisque les vitesses du jour, sur la piste de Val Thorens, peinent à dépasser les 65 km/h.

On avait d’ailleurs un peu d’appréhension quant à la gestion des 500 équidés, qui cavalent tous vers les deux roues arrière, sur la piste de « glace vive ». D’autant que certaines portions sont même en pente légère. Il faut conduire doucement et (malheureusement) sans utiliser la pleine puissance de ce bloc qui ne demande pourtant que ça. Bref, autant le dire d’emblée : impossible de distinguer le moindre comportement mécanique différent par rapport à quand le bloc boit du sans plomb. Mais tant mieux, l’inverse nous aurait peut-être dérangé.


Porsche Cayman GT4 RS E-Fuel

La glisse se maintient en glisse sans trop d’effort, et cela permet de faire hurler le Flat-6 dans la montagne. Un plaisir.

Equilibré, même à 2.000 mètres d’altitude

Mais il y a bien un point positif et ce, indépendamment de la présence de E-Fuel ou non dans le réservoir de notre Cayman GT4 RS : c’est l’équilibre. Il se trouve que même avec 500 chevaux sur les roues arrière, on arrive assez facilement à gérer la glisse de l’une des Porsche les plus affûtées de la gamme, et à la faire danser sur la glace. On arrive en virage avec un peu de frein, un coup de volant puis un coup de gaz, et la voiture est lancée. En travers. Il ne reste plus qu’à doser l’accélérateur pour tenir la dérive, en faisant quelques fois hurler le Flat-6. De quoi noter que ce bloc tourne parfaitement rond avec son E-Fuel dans les durites. Mais surtout de quoi nous donner la banane en quelques secondes tant ce bruit est enivrant. La direction assez riche en retour d’information pour le conducteur permet d’entretenir la glisse, puis de revenir placer la voiture dans l’autre sens pour le prochain virage. Bref, après quelques tours on arrive à enchainer quelques virages sans que la voiture ne soit droite.

Voilà qui est bien aidé par le faible poids de cette pistarde : seulement 1.490 kg à emmener d’une courbe à une autre. La présence de la boîte PDK à 7 rapports nous aide bien aussi à retrouver de l’adhérence à l’entame de la ligne droite. Alors que la voiture est encore en glisse, une rapide pression sur la palette de droite suffit à lui faire progressivement retrouver de la motricité. Reste qu’on ne peut pas omettre que les éléments en carbone du pack Weissach ne nous mettent pas en confiance lorsque l’on se retrouve à l’équerre, face à un mur de glace. Mais c’est le jeu. Et heureusement, tout se passe bien, même si quelques « 360 » n’ont pas pu être évités. Ni par nous, ni par nos confrères d’ailleurs. La faute au E-Fuel ? Non ! Mais vous l’aurez compris, tout cela était surtout un prétexte pour faire réfléchir et mieux comprendre l’industrie des carburants de synthèse.

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Porsche Cayman GT4 RS E-Fuel

Les jantes bleus de notre modèle d’essai ne sont pas de tous les goûts, mais elles font parler d’elles.

Electro-carburant, carburant synthétique, E-Fuel : oui ou non ?

Si la neutralité des E-Fuel tend à se prouver selon les multiples études, reste encore à ce que les différents gouvernements et l’UE se mettent d’accord, notamment au sujet de son autorisation ou pas après 2035 et des taxations qui seront en place. Le malus écologique aura-t-il encore sa place sur des véhicules alimentés avec un carburant neutre en carbone ? Pas certain. Mais on peine à croire que le gouvernement français abandonne cette mesure qui rapporte beaucoup d’argent.

De premières indications sur l’avenir du E-Fuel devraient certainement voir le jour d’ici quelques semaines lorsque l’UE se sera mis d’accord avec l’Allemagne, l’Italie et la France notamment, puis plus tard avec l’évolution de la production de l’usine chilienne de Porsche et Siemens Energy qui produit actuellement les premiers litres de E-Fuel, synonymes des premiers résultats des 100 millions d’euros investis par la firme allemande. Rappelons que les objectifs de celle-ci sont de produire 1,5 million de litre de cette potion dite « magique », puis 550 millions de litre à l’horizon 2027. D’ici là, nous saurons peut-être si toutes les étoiles se sont alignés et qu’une vraie solution a été trouvée.


Porsche Cayman GT4 RS E-Fuel

Son look toujours aussi extrême jure avec l’environnement, mais c’est aussi cela qui fait de cette GT4 RS ce qu’elle est.

Fiche Technique Porsche 718 Cayman GT4 RS
Modèle essayé : Porsche 718 Cayman GT4 RS
Dimensions L x l x h 4,46 / 1,82 / 1,27 mètres
Empattement 2,48 m
Poids à vide 1.415 kg avec plein
Cylindrée du moteur Flat-6 atmosphérique de 4,0 litres
Puissance moteur 500 ch à 8.400 tr/min
Couple 450 Nm
0 à 100 km/h 3,4 s
Vitesse max 315 km/h



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