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Douze géants japonais s’allient pour contrer la suprématie de la Chine sur les voitures électriques

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Un SUV compact

Alors que la Chine est devenue en quelques années la nouvelle référence en matière de véhicules rechargeables, le Japon ne compte pas se laisser faire. Douze leaders de l’industrie japonaise annoncent la constitution de l’ASRA : un groupe pour développer des technologies en lien avec les voitures électriques.

12 entreprises japonaises se rassemblent pour créer l’ASRA

Douze grandes entreprises japonaises ont annoncé le 28 décembre 2023 la constitution de l’ASRA (pour Advanced SoC Research for Automotive). Une alliance qui vise à accélérer la recherche et le développement autour des semi-conducteurs haute performance pour les voitures électriques. Constitué uniquement de géants de l’industrie japonaise, le conglomérat mise sur son expérience pour développer des puces nouvelle génération d’ici 2028. L’objectif affiché est très clair : le Japon veut reprendre sa place de leader et détrôner la Chine.


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En 2023, une voiture électrique est composée d’environ 1 000 semi-conducteurs. La place qu’occupent les technologies est de plus en plus critique. L’automobile est peut-être même le secteur qui connaît la plus grande transformation. En effet, il y a l’électrification, la promesse de véhicules autonomes, mais aussi cette fameuse transition de véhicules définis par le matériel à des véhicules définis par le logiciel. Toutes ces évolutions nécessitent logiquement des innovations dans le domaine de l’électronique.

Voici les douze entreprises japonaises qui composent l’ASRA : Toyota, Honda, Mazda, Nissan et Subaru du côté des constructeurs automobiles. Denso et Panasonic pour les fabricants de composants. Et Cadence Design Systems, Mirise Tech, Renesas Electronics, Socionext, Synopsys Japan, pour les spécialistes des semi-conducteurs. Une alliance puissante, qui rassemble ce que le Japon fait de mieux en matière de nouvelles technologies. Un conglomérat similaire existe en Europe. Il est dirigé par l’Imec en Belgique.

D’ici 2030, le groupe japonais promet d’intégrer ses SoC (System on Chip) nouvelle génération dans des voitures électriques de série. Les semi-conducteurs sont devenus totalement indispensables à l’industrie automobile. Ils alimentent de nombreuses fonctions, y compris les capacités d’info-divertissement et de conduite autonome. L’ASRA prévoit déjà de travailler sur différents types de semi-conducteurs. Les japonais misent notamment sur les chiplets. Des puces plus petites qui peuvent contribuer à réduire les délais et les coûts de développement.

Croquis : ASRA

Objectif : contrer la Chine sur les voitures électriques

Keiji Yamoto, directeur de la recherche chez Toyota, présidera ce nouveau groupe de recherche. Nobuaki Kawahara, conseiller principal chez Denso, en sera le directeur exécutif. Le Japon place beaucoup d’espoir dans l’ASRA. Le pays est à la traîne dans la transition de son industrie automobile vers les voitures électriques. En 2023, la Chine a pris pour la première fois la place de premier exportateur automobile au monde. Devant le Japon. L’empire du Milieu est en train de prendre l’avantage grâce à une offre bon marché.

Les constructeurs automobiles japonais, et notamment Toyota, ont perdu des parts de marché sur l’année qui vient de s’écouler. Les ventes des marques japonaises se sont même totalement effondrées en Chine. Sur le premier trimestre 2023, les ventes des marques japonaises ont dégringolé de 32 % en Chine entre janvier et mars 2023, par rapport à la même période l’année dernière.


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Leur part de marché est passée de 24 % en 2020 à 18 % en 2023. Ce qui devait arriver arriva : les voitures électriques chinoises volent la vedette aux japonaises. BYD, Nio, Xpeng ou encore Great Wall Motors progressent vite. L’industrie automobile chinoise se développe et se spécialise même sur les voitures électriques. Ce qui n’est pas forcément le cas des entreprises japonaises. Les prix très agressifs des modèles chinois contribuent également à cette évolution du marché.

Mais le pays du Soleil Levant ne compte pas se laisser faire. En travaillant avec les leaders de l’industrie, le gouvernement du pays espère aider ses constructeurs à gagner en compétitivité. Un travail de longue haleine vient de s’amorcer. Il va falloir s’armer de patience pour en constater les premiers résultats.



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